Le portique

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Les Danaïdes

vendredi 17 février 2006.

On décomptait cinquante Danaïdes, toutes filles de Danaos, descendant d’Io, qui régnait à proximité du Nil. Leurs cinquante cousins, fils du frère de Danaos, Aegyptos, désiraient les épouser ; mais elles étaient résolument hostiles à un tel mariage. Avec leur père, elles embarquèrent à bord d’un navire et prirent la fuite en direction d’Argos, où elles trouvèrent refuge. A l’unanimité, les Argiens jugèrent juste d’accorder leur protection aux Danaïdes et lorsque les fils d’Aegyptos se présentèrent, la cité les rejeta et s’opposa à un mariage forcé. Telle est résumée succinctement l’intrigue de la tragédie d’Eschyle, les Suppliantes.

L’Asylie


Danaos conseille ainsi ses filles à leur arrivée à Argos :

Mieux vaut, pour tout prévoir, mes filles, vous asseoir sur ce tertre consacré aux dieux : encore mieux qu’un rempart, un autel est un infrangible bouclier. Allons, hâtez-vous, et, vos rameaux aux blanches guirlandes, attributs de Zeus Suppliant, pieusement tenus sur le bras gauche, répondez aux étrangers en termes suppliants.

Eschyle, Les Suppliantes, v. 188-195


Le caractère sacré du sanctuaire se communique à tout ce qui s’y trouve ( eau, arbres, bosquets, objets consacrés) et à quiconque y pénètre : il est asylon, lieu d’asile, ce qui signifie que nul n’a le droit de prise (sylè) à l’intérieur de son enceinte. Aussi offre-t-il un refuge sûr à ceux qui viennent s’y installer en suppliants dans la posture rituelle, qui consiste à s’asseoir près de l’autel du dieu ou à côté de sa statue avec le rameau d’olivier orné de bandelettes. Le non respect de l’asylie est considéré comme sacrilège entraînant souillure et malédiction divine, et puni sévèrement par les lois humaines.

Source : Le Musée Vivant de l’Antiquité


Textes authentiques

Etrangères et suppliantes...

Le choeur des Danaïdes se lamente en déplorant son sort.

Χορός
ἱλέομαι μὲν Ἀπίαν βοῦνιν,
καρβᾶνα δ’ αὐδὰν εὖ, γᾶ, κοννεῖς.
πολλάκι δ’ ἐμπίτνω ξὺν λακίδι λινοσινεῖ
Σιδονίᾳ καλύπτρᾳ.
ΙΚΕΤΙΔΕΣ (Suppliantes) v128-131

Le roi d’Argos, venu à la recontre du groupe des jeunes femmes, s’étonne de leur accoutrement.

Βασιλεύς
ποδαπὸν ὅμιλον τόνδ’ ἀνελληνόστολον
πέπλοισι βαρβάροισι καὶ πυκνώμασι
χλίοντα* προσφωνοῦμεν ; οὐ γὰρ Ἀργολὶς
ἐσθὴς γυναικῶν οὐδ’ ἀφ’ Ἑλλάδος τόπων.
ὅπως δὲ χώραν οὔτε κηρύκων ὕπο,
ἀπρόξενοί τε, νόσφιν ἡγητῶν, μολεῖν
ἔτλητ’ * ἀτρέστως, τοῦτο θαυμαστὸν πέλει.

* ἔτλητ’ : a osé (le roi fait référence à la troupe).

Le proxène est un citoyen qui assure pour tous les citoyens d’une cité étrangère, en dehors de tout rapport d’alliance, les fonctions ou devoirs qu’assure un hôte pour un individu ou une famille étrangère.

Voici, il est vrai, des rameaux que vous avez, suivant l’usage des suppliants, déposés devant les dieux publics. C’est le seul point où je puis conjecturer que vous êtes en accord avec la Grèce. On pourrait justement faire beaucoup d’autres conjectures ; mais tu es là, et tu as la parole pour t’expliquer.

ΙΚΕΤΙΔΕΣ (Suppliantes) v234-246

Le roi d’Argos met en doute les affirmations des Danaïdes quant à leurs origines.

Βασιλεύς
ἄπιστα μυθεῖσθ’, ὦ ξέναι, κλύειν ἐμοί,
ὅπως τόδ’ ὑμῖν ἐστιν Ἀργεῖον γένος.
Λιβυστικαῖς γὰρ μᾶλλον ἐμφερέστεραι
γυναιξίν** ἐστε κοὐδαμῶς ἐγχωρίαις.

ΙΚΕΤΙΔΕΣ (Suppliantes) v277-280

*Participe présent à l’accusatif singulier **Datif pluriel de γυνή, -αϊκος (ἡ)


Texte d’imitation

ἱλέομαι μὲν Ἀπίαν βοῦνιν, καρβᾶνον δ’ αὐδὴν εὖ, γῆ, κοννεῖς. πολλάκι δ’ ἐμπίτνω ἐν τῷ σχιστῷ ἱμάτιῳ καὶ τῇ Σιδονίᾳ καλύπτρᾳ.

σχιστός,-ή,-όν = déchiré
ἱμάτιον, -ου (τὸ) = le vêtement

Texte d’imitation

Πόθεν ὅ δ’ ὅμιλος ἐν πέπλοις βαρβάροις ᾧ προσφωνῶ ἔρχονται ; Οὐκ ἑλληνικήν στολὴν ἔχει ἀλλὰ χλίει. Στολὰς τοῦ Ἀργολίδος οὐκ ἔχουσιν αἱ γυναίκες. Χωρίς ἡγεμόνος ἢ πρόξενου εἰς τὴν χώραν ἀτρέστως βλῶσκειν τλῶνται. τοῦτο θαυμαστὸν ἐστιν.

ἡγέμων, -όνος (ὁ) = le guide, le chef - στολή, -ῆς (ἡ) = le vêtement - γυνή, -αικος (ἡ) = la femme

Ici, le roi, incidemment, pose les trois questions rituelles que l’onadresse à un étranger avant de le considérer comme son hôte... « Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? De quel pays ? » Voir par exemple dans l’Odyssée chez Homère (Odyssée, VI, vers 276).

La supplication est le premier geste de ceux qui sont en détresse. Cette coutume, toute grecque, rattache indéniablement les Danaïdes aux Argiens, et le roi ne manque pas de le remarquer. Il demeure toutefois sceptique, en raison de l’étrange accoutrement des Danaïdes... Dans l’Oedipe de Sophocle, le peuple de Thèbes s’adressait à son roi avec les mêmes gestes (Oedipe-Roi, prologue, vers 1-3)...

« Ὦ τέκνα, Κάδμου τοῦ πάλαι νέα τροφή,
τίνας ποθ’ ἕδρας τάσδε μοι θοάζετε
ἱκτηρίοις κλάδοισιν ἐξεστεμμένοι ; »

Texte d’imitation

« ἄπιστους λόγους μυθεῖσθ’, ὦ ξέναι · λέγετε ὅτι ἀπόγονοι τῶν Ἀργεῖων ἐστε. Λιβυστικαῖς γὰρ μᾶλλον ἐμφερέστεραι ἐστε · καί οὐδαμῶς ἐγχωρίαις. »

ἀπόγονος, -ου (ὁ) ou (ἡ) : le descendant, la descendante.

Vocabulaire

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Danaïdes
Textes d’imitation. Vocabulaire.

Les rites d’hospitalité

On accueille l’hôte de passage en lui offrant des cadeaux d’hospitalité (xenia), riches si l’on est riche (Homère, Odyssée VIII, vers 392 sqq), simples repas si l’on est pauvre : vin, agneau, fromage frais, couronne (Electre, vers 494-500). De la même façon quand Egisthe sacrifie aux Dieux, Oreste qui dissimule son identité passe le long de son domaine. Egisthe est alors obligé de l’inviter. En assistant au sacrifice, Oreste se trouve dans la même situation que s’il était entré dans sa maison : il devient son hôte (Electre, vers 777-780). Il pose les trois questions rituelles : "Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? De quel pays ?" C’est ce qu’on retrouve chez Homère (Odyssée, VI, vers 276).

Source : http://www.ac-grenoble.fr/lettres/articles.php ?lng=fr&pg=78

Le présent de l’indicatif et les contractions

Les emplois du présent de l’indicatif en grec sont à peu près les mêmes qu’en français. Il existe plusieurs conjugaisons au présent, les deux plus courantes étant les thèmes en -ω et -ομαι.

Précis grammatical des Hodoi Elektronikaï.

Présent de l’indicatif.

Les verbes contractes

Les contractions

Dans la langue grecque des voyelles peuvent se rencontrer à la suite de divers accidents phonétiques. Cela se produit en particulier dans le corps d’un mot, quand deux voyelles étaient initialement séparées par une consonne qui est tombée, c’est-à-dire qui s’est affaiblie au point de disparaître ; il se produit alors un choc de voyelles, une béance que l’on appelle un hiatus. Ce choc entraîne une modification qui est le plus souvent une contraction . C’est tout particulièrement le cas dans un certain nombre de conjugaisons, et cela s’est produit entre autres pour κοννέω/κοννῶ.

Il suffit de connaître ce que produit la rencontre des principales voyelles entre elles ou avec des diphtongues pour réussir à reconstituer les conjugaisons contractes.

  • α+ε = ᾶ
    • α+ει = ᾷ
    • α+ο = ῶ
    • α+ω = ῶ
    • α+ου = ῶ
  • ε+ε = εῖ
    • ε+ει = εῖ
    • ε+ο = οῦ
    • ε+ω = ῶ
    • ε+ου = οῦ
  • ο+ε = οῦ
    • ο+ει = οῖ
    • ο+ο = οῦ
    • ο+ω = ῶ
    • ο+ου = οῦ

Exemples εὖ, γᾶ, κοννεῖς ποδαπὸν ὅμιλον τόνδ’ ἀνελληνόστολον / πέπλοισι βαρβάροισι καὶ πυκνώμασι /χλίοντα προσφωνοῦμεν ;

Exercices

Conjuguez κοννεῖν (connaître) et μυθεῖσθαι (raconter).

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