Le portique

css standard ;css none

Hippocrate

vendredi 17 février 2006.

Hippocrate...

Surnommé le prince des médecins, Hippocrate naît à Cos, une île de la mer Egée consacrée à Esculape. Il est difficile de faire la part de la légende dans les divers récits de sa vie. Selon un certain Soranus, il serait membre de la famille des Asclépiades et le dix-septième descendant d’Esculape. Après avoir reçu une première instruction par son père, Hippocrate part étudier à Athènes où il a pour maître le sophiste Gorgias. Il devient rapidement aussi instruit en philosophie qu’en médecine, mais il se consacre à la seconde discipline en ne gardant de la première que ce qu’il croit nécessaire à la justesse du raisonnement. En allumant de grands feux dégageant des substances aromatiques, il sauve les villes d’Athènes, d’Abdère et l’Illyrie des ravages d’une terrible peste. La ville d’Athènes le récompense alors en lui donnant le droit de citoyenneté et en l’entretenant toute sa vie dans le Prytanée aux frais du gouvernement. Il voyage beaucoup et sa réputation dépasse bientôt les frontières de la Grèce. Mais sa passion de la vérité - il s’appuie sur les bases solides de l’expérience et de l’observation des faits - lui fait dédaigner la gloire et les honneurs. On raconte à ce titre qu’il refuse avec mépris les offres mirobolantes du roi des Perses pour éradiquer l’épidémie qui décime ses armées. Cependant, sa célébrité ne l’empêche pas de continuer à donner des consultations. Il passe les dernières années de sa vie en Thessalie, où il s’éteint presque centenaire. Modeste et simple, il a révolutionné la médecine en la débarrassant des superstitions et des sorcelleries. Une soixantaine d’ouvrages lui sont attribués, mais il est difficile de savoir quels sont ceux véritablement de sa main.

Source : http://www.bnf.fr/web-bnf/pedagos/dossitsm/b-hippoc.htm

Le Serment d’Hippocrate que prêtent encore aujourd’hui les médecins (version modernisée) est emblématique du père de la médecine.

ΟΡΚΟΣ

Le Serment d’Hippocrate

Ὄμνυμι Ἀπόλλωνα ἰητρὸν καὶ Ἀσκληπιὸν καὶ Ὑγείαν καὶ Πανάκειαν καὶ θεοὺς πάντας τε καὶ πάσας, ἵστορας ποιεύμενος, ἐπιτελέα ποιήσειν κατὰ δύναμιν καἰ κρίσιν ἐμην ὅρκον τόνδε καἰ συγγραφὴν τήνδε · ἡγήσεσθαι μὲν τὸν διδάξαντά* με τὴν τέχνην ταύτην ἴσα γενέτῃσιν ἐμοῖς, καὶ βίου κοινῶσεσθαι, καὶ χρεῶν χρηΐζοντι μετάδοσιν ποιήσεσθαι, καὶ γένος τὸ ἐξ αὐτοῦ ἀδελφοῖς ἴσον ἐπικρινεῖν ἄρρεσι, καὶ διδάξειν τὴν τέχνην ταύτην, ἢν χρηΐζοντι μανθάνειν, ἄνευ μισθοῦ καὶ συγγραφῆς, παραγγελίης τε καὶ ἀκροήσιος καὶ τῆς λοίπης ἀπάσης μαθήσιος μετάδοσιν ποιήσεσθαι υἱοῖς τε ἐμοῖς καὶ τοῖς τοῦ ἐμὲ διδάξαντος*, και μαθητῇσι συγγεγραμμένοις τε καὶ ὡρκισμένοις νόμῳ ἰητρικῷ, ἀλλῳ δὲ οὺδενι. διαιτήμασί τε χρήσομαι ἐπ’ ὠφελείῃ καμνόντων κατὰ δύναμιν καὶ κρίσιν ἐμήν, ἐπὶ δηλήσει δὲ καὶ ἀδικίῃ εἴρξειν. οὐ δώσω* δὲ οὐδὲ φάρμακον οὐδενὶ αἰτηθεὶς θανάσιμον, οὐδὲ ὑφηγήσομαι συμβουλίην τοιήνδε · ὀμοίως δὲ οὐδὲ γυναικὶ πεσσὸν φθόριον δώσω*. ἁγνῶς δὲ καὶ ὁσίως διατηρήσω βίον τὸν ἐμὸν καὶ τέχνην τὴν ἐμήν. οὐ τεμέω δὲ οὐδὲ μὴν λιθιῶντας, ἐκχωρήσω δὲ ἐργάτῃσιν ἀνδράσι πρήξιος τῆσδε. ἐς οἰκίας δὲ ὁκόσας ἂν ἐσίω**, ἐσελεύσομαι ἐπὶ ὼφελείῃ καμνόντων, ἐκτὸς ἐὼν πάσης ἀδικίης ἑκουσίης καὶ φθορίης, τῆς τε ἄλλης καὶ ἀφροδισίων ἔργων ἐπί τε γυναικείων σωμάτων καὶ ἀνδρῴων, ἐλευθέρων τε καὶ δούλων. ἅ δ’ ἂν ἐν θεραπείῃ ἢ ἴδω ἢ ἀκούσω, ἢ καὶ ἄνευ θεραπείης κατὰ βίον ἀνθρώπων, ἅ μὴ χρή ποτε ἐκλαλεῖσθαι ἔξω, σιγήσομαι, ἄρρητα ἡγεύμενος εἶναι τὰ τοιαῦτα. ὅρκον μὲν οὗν μοι τόνδε ἐπιτελέα ποιέοντι, καὶ μὴ συγχέοντι, εἴη ἐπαύρασθαι καὶ βίου καὶ τέχνης δοξαζομένῳ παρὰ πᾶσιν ἀνθρώποις ἐς τὸν αἰεὶ χρόνον · παραβαίνοντι δὲ καἰ ἐπιορκέοντι, τἀναντία τούτων.

  • διδάξαντά, διδάξαντος : participes passés actifs ( participes aoristes). Le modèle de déclinaison est celui de la 3ème déclinaison.
  • δώσω est le futur du verbe διδώμι (je donne)
  • ἐσίω est le futur du verbe ἰεναι (aller)
  • τἀναντία = τὰ ἐναντία

GRAMMAIRE

le futur

  • Le futur se caractérise par la présence d’un suffixe - σ
  • Il se colle au radical si ce dernier finit par une voyelle.
  • Il s’amalgame s’il finit par une consonne sauf si cette dernière est une dentale, cas dans lequel le σ reste, mais la dentale tombe. S’il s’agit d’un verbe contracte, la voyelle s’allonge et le sigma vient se placer entre la désinence et cette dernière qui s’allonge alors.
ἀκούσεινσιγήσεσθαι
ἀκούσω
ἀκούσεις
ἀκούσει
ἀκούσομεν
ἀκούσετε
ἀκούσουσι
σιγήσομαι
σιγήσει
σιγήσεται
σιγησόμεθα
σιγήσεσθε
σιγήσονται

Il faut néanmoins conserver à l’esprit qu’il existe au futur comme dans les autres conjugaisons des exceptions. Ainsi ἐσελεύσομαι est le futur irrégulier de εἰσέρχομαι. L’infinitif ne se comporte pas autrement que l’indicatif : un sigma vient s’intercaler entre le radical et la désinence dans les mêmes conditions que précédemment. L’actif donnera donc la désinence -σειν et le médio-passif la désinence -σεσθαι. En principe le futur énonce l’avenir sans nuance d’aspect. Néanmoins, il garde de ses origines une nuance modale qui l’apparente au subjonctif que l’on peut traduire par les auxilaires "vouloir" ou "devoir". Notons qu’en français, le futur conserve la trace de cette valeur injonctive.

le participe présent

Le participe est en grec, comme en français, une forme verbale liée syntaxiquement à un nom ou un pronom.
Il se décline et s’accorde en genre, en nombre et en cas avec le nom ou le pronom qu’il accompagne. Néanmoins, ses emplois sont multiples.On le trouve, en apposition à un nom, en position d’épithète, substantivé s’il est précédé d’un article, ou encore attribut du sujet.
τις...γέρων ὑπαρχων : quelqu’un étant vieux ( mot à mot ). La déclinaison du participe est calquée sur la troisième déclinaison au masculin et au neutre, et sur la déclinaison athématique au féminin, à l’actif.

Masculin - SFéminin - SNeutre - SMasculin - PFéminin - PNeutre - P
καμνών καμνών καμνόντα καμνόντος καμνόντιχρηΐζουσα χρηΐζουσα χρηΐζουσαν χρηΐζούσης χρηΐζούσῃπαραβαίνον παραβαίνον παραβαίνον παραβαίνοντος παραβαίνοντικαμνόντες καμνόντες καμνόντας καμνόντων καμνόυσιχρηΐζουσαι χρηΐζουσαι χρηΐζουσας χρηϊζούσων χρηϊζούσαιςπαραβαίνοντα παραβαίνοντα παραβαίνοντα παραβαινόντων παραβαίνουσι

Compréhension : isolez les désinences du radical en les entourant en rouge.

Au moyen-passif, la solution est plus simple. Il suffit de rajouter le suffixe ομενος/ομενη/ομνενον et le participe se décline comme un adjectif en -ο/-η/-ον. ποιεύμενος/ποιεύμενη/ποιεύμενον (ποιέομενος donne ποιεύμενος : exceptionnellement la contraction -ε+ ο ne donne pas -ου.
Les désinences des exemples ci-dessus correspondent au participe du verbe être ( il ne reste plus qu’à rajouter esprit doux et accent sur la première voyelle ).

Application

  • faites le tableau du participe du verbe être.
  • faites ensuite le tableau du verbe ἠγέομαι/ἠγοῦμαι.

Traduction

A l’aide du Bailly en ligne et du cours de grammaire ci-dessus, proposez une traduction du serment d’Hippocrate.

Approfondissements

La théorie des humeurs

La théorie des humeurs fut l’une des bases de la médecine antique. Hippocrate, en particulier en formula les principes. Ainsi, selon cette théorie, la santé (celle de l’esprit comme celle du corps) est fonction de l’équilibre des quatre humeurs dans le corps : le sang, le phlegme [lymphe], la bile jaune et la bile noire [atrabile]. Ces humeurs correspondent elles-mêmes aux quatre éléments : le feu, l’air, la terre et l’eau. Ces quatre éléments se voient à leur tour attribués une qualité propre : chaud, sec, froid et humide - qui détermineront alors, selon leur prédominance, les quatre tempéraments fondamentaux : le bilieux (chaud et sec), l’atrabilaire (froid et sec), le flegmatique (froid et humide) et le sanguin (chaud et humide). Quand déséquilibre il y a, parce qu’une humeur l’emporte sur tous les autres, ou que l’influence d’un élément est excessive, apparaissent alors les maladies physiques, mais aussi les troubles psychiques.

C’est précisément à l’un de ces troubles que le philosophe Aristote s’intéresse dans son Problème XXX : la mélancolie.

Διὰ τί πάντες ὅσοι περιττοὶ γεγόνασιν ἄνδρες ἢ κατὰ φιλοσόφιαν ἢ πολιτικὴν ἢ ποίησιν ἤ τέχνας φαίνονται μελαγχολικοὶ ὄντες, καὶ οἱ μὲν οὔτως ὤστε καὶ λαμβάνεσθαι τοῖς ἀπὸ μελαίνης χολὴς ἀρρωστήμασιν, οἷον λέγεται τῶν τε ἡρωϊκων τά περὶ τὸν Ἡρακλέα ; καὶ γὰρ ἐκεῖνος ἔοικε γενέσθαι ταύτης τῆς φύσεως, διὸ καὶ τὰ ἀρρωστήματα τῶν ἐπιληπτικῶν ἀπ’ ἐκείνου προσηγόρευον οἱ ἀρχαῖοι ἱερὰν νόσον.
γεγόνασιν = sont nés
ἔοικε = semblait
προσηγόρευο = imparfait 3ème personne du pluriel de προσαγόρευω

Relevez le vocabulaire et classez-le dans un tableau. Aidez-vous du Bailly en ligne.

A quel épisode de la vie d’Héraclès Aristote fait-il allusion ?
Pourquoi, aujourd’hui, dit-on encore que quelqu’un est d’humeur noire, ou encore d’humeur sombre ?

Signatures : 0
Voir au format PDF

Des mêmes auteurs

  • par Robin Delisle

Derniers commentaires

  • Messages de forum : 0