Le portique

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Virus H5N1, Tremblante, Vache folle, les effets de la souillure...

dimanche 26 février 2006.

« Un temps je fus garçon et fillette, arbuste, oiseau et muet poisson qui saute au-dessus de la mer »

« Il offrit un taureau fait de miel et de farine. Il chercha à inculquer à tous l’unité de tout ce qui vit, expliquant que manger de la chair est une sorte d’autophagie, le meurtre de ce qui nous est proche. Tout ce qui vit est un, les hommes, les dieux et les bêtes. L’unité des vivants est la pensée parménidienne de l’unité de l’être sous une forme infiniment plus féconde, une sympathie profonde avec toute la nature, une compassion débordante s’y ajoutent (...).Il maudit le jour où il a touché de ses lèvres la nourriture saignante, cela semble être son crime : la souillure par le meurtre. »

(F.Nietzsche à propos d’Empédocle dans La naissance de la philosophie à l’époque de la tragédie grecque)

« Pour eux, il n’y avait pas encore un dieu Arès, ni Tumulte, ni Zeus, ni Chronos, ni Poséidon, mais Cypris reine. Ils captaient sa faveur par des rites propitiatoires avec des animaux peints et des parfums, par des offrandes de pure myrrhe et d’encens parfumé, en versant par terre du blond miel ; l’autel n’était pas encore souillé du sang pur des taureaux, car c’était, parmi les hommes, une terrible honte que d’en manger les nobles membres, après leur avoir arraché la vie. »

Empédocle , Purifications, fr 128

« Il (l’humain) mange de la viande sans y être poussé par la nécessité ou le manque de vivre puisqu’au fil des saisons il peut successivement moissonner, cueillir, engranger toutes sortes de végétaux et de céréales jusqu’à satiété ; mais le dégoût des nourritures naturelles et l’envie de plaisirs nouveaux le poussent à rechercher des aliments défendus, souillés par le meurtre des animaux - et il se montre alors bien plus cruel que les bêtes les plus féroces. »

« Comment ses yeux purent-ils souffrir de voir un meurtre ? De voir tuer ? Écorcher, démembrer une pauvre bête ?

« Comment son odorat pu-t-il en supporter l’odeur ? Comment son goût ne fût-il pas dégoûté d’horreur, quand il vint à manier l’ordure des blessures, à recevoir le sang et le suc sortant des plaies mortelles d’autrui ? » [...] « Si lu veux t’obstiner à soutenir que la nature t’a créé pour manger telle viande, tue-la donc toi-même le premier, je dis toi-même, sans user de couperet ni de couteau, mais comme le font les loups, les ours et les lions qui, à mesure qu’ils mangent, tuent la bête. » [...] « pourquoi manges-tu donc ce qui a une âme ? »

Plutarque

Qu’eussent-pensé Empédocle et Plutarque de notre industrie moderne de la mort où l’on élève par centaines de milliers poules, boeufs, agneaux afin de les dévorer ?

Sans doute faut-il raison garder, mais, la pertinence de nos prédécesseurs doit nous inviter à nous interroger sur la justesse de nos pratiques vis-à-vis des animaux. Sans doute appartient-il à notre nature animale de chercher à nous nourrir, mais sans doute pas à ce qu’il y a de culturel en nous, même si cela se pare des atours de la civilisation : Plutarque le met assez clairement en évidence, en montrant comment nous devrions remonter à notre bestialité s’il nous fallait nous repaître des animaux comme le font les carnivores.

Il ne s’agit pas de prêcher en particulier la cause du végétarianisme mais le fait est que ces pandémies animales qui nous menacent à leur tour sont aussi l’effet d’une industrialisation à marche forcée de la mort, et cette dernière, c’est une certitude, n’a, elle, absolument rien de naturel.

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