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[Portrait] Philippe Renault par lui-même : le feu de l’enthousiasme.

mardi 18 juillet 2006

Je l’avoue, j’ai toujours été un garçon rêveur, un peu solitaire, qui aimait flâner des heures entières dans le grand jardin de notre maison de Ris-Orangis. Très jeune je me suis passionné pour la lecture. J’étais un amoureux des mots. Puis j’ai été happé par deux passions : la poésie et le goût pour les cultures anciennes, au point d’avoir voulu un moment devenir archéologue. La civilisation hellénique n’a cessé de me fasciner, bien que je dois avouer n’avoir jamais mis les pieds en Grèce de ma vie, de peur sans doute de ne pas y retrouver celle de mon esprit... Bref cette passion pour l’Antiquité fut renforcée par de nombreuses lectures, de Quo Vadis à la Thaïs d’Anatole France, en passant par Spartacus, Salammbô, Ben-Hur, les Mémoires d’Hadrien et... les BD de Jacques Martin !

J’ai griffonné mes premiers vers 10 ans, époque où je me lançai dans la composition de fabulettes... Depuis, j’ai dû composer à peu près trois ou quatre cents poèmes. Cependant je dois reconnaître que mon ardeur traductrice a pris le pas ces dernières années.

Adolescent, la poésie romantique a été un véritable coup de foudre littéraire et une source inépuisable d’inspiration. Si j’admire Schiller ou Byron pour leur souffle, leur liberté, leurs généreuses envolées, il faut dire que le Hugo de l’Exil a été pour moi, dès 14 ans, une de mes plus belles révélations. Ma sensibilité m’a également orienté vers d’autres « phares » comme Verlaine, Baudelaire et Leconte de Lisle, par la beauté et l’exigence de leurs textes. La lecture de ces grands classiques a fait que j’ai gardé une fidélité, voire un amour pour le vers et la rime. Plus près de nous, Valéry, Cavafy et Aragon sont venus s’ajouter à mon panthéon personnel. De fait, de nombreux poèmes ont jailli de ma « corde » lyrique : je les ai réunis plus tard dans un recueil, appelé tout simplement Au Fil de la lyre et que L’Arbre d’Or a eu l’amabilité de publier en ligne.

Bien sûr les poètes antiques ne m’ont pas laissé indifférent : j’ai une ferveur particulière pour Pindare dont j’ai traduit avec ferveur quelques odes, mais aussi les Tragiques grecs et Catulle, qui m’ont influencé dans l’écriture de nombreux poèmes personnels.

Mes poèmes sont divers par leur facture, et j’aime autant user de l’alexandrin pur que du vers libre. Mais tous ont en commun un souci de lisibilité et un classicisme - un mot que je revendique pleinement - qui n’exclue pas, me semble-t-il, la recherche, bref, un classicisme considéré dans son assertion la plus haute.

La poésie m’a valu quelques prix en particulier à Tours (Prix des Jeunes Poètes en 1986) et à Toulouse où j’ai remporté en 1988 le Premier Prix des Jeux Floraux.

Quant à mon goût pour le grec et la traduction, il m’est apparu également à l’adolescence, surtout après la lecture passionnée que je fis de l’anthologie de Marguerite Yourcenar, La Couronne et la Lyre : je me disais que moi aussi, plus tard, je ferai mon anthologie ! C’était une véritable fixation ! C’est en 1995/1996 que je commençai enfin à traduire les poètes grecs, en premier lieu les épigrammatistes de l’Anthologie Palatine, puis les poèmes de Sappho. Depuis, j’ai continué...

Professionnellement, après des études d’Histoire sanctionnées par une étude sur le Culte d’Asklépios intitulée Asklépios, héros et dieu, sous la direction des hellénistes Maurice Sartre et Georges Miroux, j’ai tâté de l’enseignement et travaillé dans l’administration universitaire à Tours et Orléans. À noter que j’ai été employé dans un magasin de musicologie, la musique classique étant une autre de mes grandes passions.

Mes poésies sont encore largement inédites, de même qu’une pièce de théâtre, Dominique et le Diable, et un roman mythologique et picaresque librement inspiré des deux épopées relatives aux Argonautes, l’une en grec écrite par Apollonios de Rhodes et l’autre en latin, œuvre de Valerius Flaccus. Son titre : Jason et la Toison d’Or.

Disons-le d’emblée, sans notoriété il est très difficile d’être publié chez les éditeurs traditionnels. Et lorsqu’il s’agit de poèmes ou de traductions poétiques, les obstacles sont multipliés, les personnes susceptibles de lire ces textes n’étant guère légion. Jusqu’à présent, je n’ai publié aux Belles Lettres qu’une Anthologie de la Poésie grecque antique, qui n’est malheureusement que la compilation de traductions « maison », et qui ne correspond pas à ce que j’avais envisagé de faire.

Par bonheur, j’ai trouvé sur le Net un véritable espace de liberté ; M. Jacques Poucet, créateur de la BCS et M. Philippe Remacle m’ont chaleureusement accueilli sur leurs sites respectifs, et leurs encouragements m’ont donné du cœur à l’ouvrage. En particulier, je tiens à remercier M. Poucet pour sa gentillesse et ses conseils bienveillants. Quant à M. Camby, d’Arbre d’Or, il m’a amicalement ouvert les portes de son édition en ligne. Bref, à travers la Toile, j’ai réussi à partager mon goût pour les lettres anciennes avec de nombreux internautes, ceux-ci m’adressant parfois des mails pour me confier leurs impressions. Et c’est très agréable.

Ajoutons que je m’occupe aussi du graphisme et de l’organisation des pages Web qui me sont confiées (BCS et Remacle org.), ce qui, soit dit en passant, m’oblige à remettre en pratique les quelques maigres leçons transmises jadis par les Beaux-arts. En effet, je considère que grâce à une présentation agréable, la rencontre entre le lecteur et des textes d’un abord parfois exigeant est largement facilitée.

Enfin, terminons cette « carte de visite » en disant que, outre les grands de la poésie hellénique (Pindare, Sappho, les Tragiques, etc...), je me suis penché sur deux genres assez méconnus de la littérature antique, à savoir l’épigramme et la fable. À noter que mes traductions des fables grecques et latines vont être publiées chez Bouquins-Laffont d’ici à la fin de l’année 2006.

Source, avec l’accord de son auteur :

http://remacle.org/bloodwolf/renault/Renault.htm