Le portique

Nihil novi sub sole !

Accueil > Humanités > Publications > Grobianus ou l’art d’être grossier

Grobianus ou l’art d’être grossier

lundi 24 juillet 2006, par Robin Delisle

Les Grecs et les Romains connaissaient-ils les manuels de savoir-vivre ? Apparemment non, puisque la simple notion de civilité, dans son acception actuelle, n’apparaît que très tardivement. C’est Suétone le premier qui l’utilise dans son sens d’obéissance aux règles de la politesse.

Il semble bien, en réalité que les traités de politesse aient pris naissance par le truchement d’une activité toute traviale : le repas. C’est à la Renaissance que ce genre de traité prend son plein essor, notamment sous la houlette d’Erasme. Une telle vogue ne pouvait pas finir par susciter des controverses, et cela ne manqua pas sous forme de parodies et de satires diverses. Le Grobianisme était né.

On a dans celui de Friedrich Dedekind un exemple du genre, avec gros comique à l’appui. Un grobianus, c’est un enfant mal dégrossi et insolent, mais celui de Dedekind a quelque peu grandi, et il jette un oeil salace sur les jeunes filles, répond insolemment et une justification aux manières les plus malpropres : c’est le Philippidès des Nuées d’Aristophane, démontrant à son père qu’il fait bien de lui flanquer une râclée.

Le Grobianus est plus subtil qu’il n’y paraît : la parodie se décline sur trois modes : l’antiphrase, la surenchère et la falsification.

La première revient à contredire les autorités pour mieux les renforcer.
La surenchère montre par une amplification systématique à quels excès des conseils viciés peuvent aboutir.
La falsification isole une idée hors de son contexte et/ou la tronque.

Voilà comment il devient aimable de péter au nez de son prochain, si possible en lui présentant le derrière, de se décrotter le nez dans une saucière et de se gratter les parties à table, pour ne citer que quelques saillies du Grobianus...

Ce Petit cours de muflerie appliquée pour goujats débutants ou confirmés ne nous est accessible que par la grâce et les efforts de Tristan Vigliano, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieur, Agrégé de Lettres classiques, et moniteur à l’Université Paul-Valery (Montpellier III). Il travaille actuellement sur le concept de juste milleu dans les littératures françaises et néo-latine de la Renaissance.

Sommaire

Livre ILivre IIAnnexes
Le lever du roi.
Précis d’impudeur.
L’art délicat du service.
A table !
Dépravation sur la voie publique.
Amis du moindre effort...
Gâcher une soirée en quinze leçons.
C’est Grobianus qu’on assassine !
Du balai !
Réussir son entrée.
La gloutonnerie expliquée aux gloutons.
Quand vient le plat de résistance...
La rustrerie par l’exemple.
En guise de digestif...
De retour chez bobonne.
Une invitation que vous n’êtes pas près d’oublier...
Mes ultima verba.
Et pour ces dames...La Grobiana.

Les brèves sentences de Denys Caton.

Le livre est disponible pour la somme de 23 euros dans la collection « Le miroir des humanistes » aux éditions des Belles Lettres.