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La grammaire est une chanson douce : la Société Protectrice des Mots à la rescousse...

mercredi 26 juillet 2006, par Robin Delisle

« Vous êtes comme moi, j’imagine, avant mon arrivée dans l’île. Vous n’avez connu que des mots emprisonnés, des mots tristes, même s’ils faisaient semblant de rire. Alors il faut que je vous dise : quand ils sont libres d’occuper leur temps comme ils le veulent, au lieu de nous servir, les mots mènent une vie joyeuse. Ils passent leurs journées à se déguiser, à se maquiller et à se marier. »

in La grammaire est une chanson douce, éditions Stock, p71

La lecture de « La grammaire est une chanson douce » ne peut qu’attendrir le lecteur sur la dure condition des mots. pauvres petites créatures que l’on maltraite, dont on use et on abuse et aux moeurs pourtant si douces et si paisibles.

Ces braves petites bêtes vivent en tribus, se marrient dans certains cas, s’accordant à qui mieux qui peut, encore qu’il y ait comme partout des fortes têtes qui refusent de suivre la voie commune.

Tout cela volète et bruit de mille sons dans un festival de syllabes. C’est à une véritable écologie du mot que se livre ainsi Erik Orsenna dans une île enchanteresse où échouent deux enfants frappés d’aphasie après leur naufrage.

Seule la fréquentation assidue de ces petits êtres aux facultés extraordinaires leur redonnera la parole. Il leur faudra pourtant éviter le harcèlement du vil Nécrole qui ne rêve que de mots simples et sans substance.

Beau conte grammatical que celui d’Erik Orsenna que la Rédaction du Portique recommande très vivement à qui veut se réconcilier avec les mots et la grammaire. Voilà un livre qui devrait figurer en première position à la place des livres de grammaire et éviterait sans doute bien des blocages.

Vade Retro, Jargonos, et autres pédago-didacticiens briseurs de rêves.

Le conte s’achève par une fort belle rencontre avec Alfred, Jean et Marcel...(lire le livre pour comprendre...)

L’archipel d’Erik Orsenna

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