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La francophonie au service de la FINUL

Lettre ouverte à la Présidence de la République : langue française pour la FINUL

dimanche 3 septembre 2006

Yves Montenay, spécialiste de la francophonie, écrit au Président de la République pour lui faire valoir la pertinence de chosir le français comme langue de communication au Liban, tout particulièrement en zone chiite. Il s’adresse à Gérard Marchand, l’un des conseillers de l’Elysée. Le Portique publie un large extrait de son courrier.

Monsieur,

(...)

Chargé du cours francophonie à l’ESCP et auteur de la langue française
face à la mondialisation
, ouvrage ayant pour ambition de
vulgariser et motiver au delà des cercles spécialisés, je connais bien le
Liban, pays pour lequel j¹ai une immense sympathie. Je connais notamment les
forces et faiblesses de la position de notre langue là bas.
Je connais aussi le poids tant démographique que politique de la communauté
chiite.
Vous savez que cette dernière a été longtemps à l¹écart de la scolarisation,
donc de la connaissance du français, ce qui a contribué à sa sensibilité
actuelle, ou du moins à celle de sa majorité. Or cette situation évolue dans
le bon sens sous le double effet d¹une meilleure scolarisation et de
l¹action de Libanais d¹Afrique francophone. Il y a là une lueur d¹espoir à
long terme, tant pour notre langue que pour l¹unité libanaise et pour
l¹ouverture au monde de cette communauté au delà des réseaux dont elle fait
actuellement partie.

Or la FINUL élargie étant internationale, l¹inertie et une forte pression
technique ont de bonne chance d¹en faire une organisation anglophone. La
nécessité de cette langue dans les unités venant de certains pays sera à tort
répercutée aux autres et au sommet de son organisation. Pire, elle servira
sans doute de vecteur de communication avec la population. L¹effet
psychologique sera dramatique d¹autant que le choix des langues dans les
écoles primaires (franco-arabe ou anglo-arabe) se fait souvent localement.
Cette pression pour une langue unique interne et externe est une question que
je connais bien, pour avoir dirigé des entreprises internationales et formé
des cadres de diverses nationalités. Elle s’appuie sur l¹évidence d’une
simplicité et d¹une efficacité, qui en fait n¹existent pas : on ne résout pas
le problème du multilinguisme, on le masque et les dysfonctionnements
induits ne sont pas identifiés. L¹expérience concrète, pour qui ne reste pas
au sommet, est qu¹il est plus simple et plus efficace de choisir la
langue la mieux adaptée au problème posé, qui n¹est pas le même dans chaque
sous-partie de l’organisation. Ainsi l¹interface avec la population doit être
par exemple bilingue franco-arabe ou arabe dans un contexte francophone
(je peux m’expliquer sur ce point). Ce rôle pourrait convenir à des officiers
maghrébins ou de groupes bi ou tri culturels, à commencer par des Libanais.
Bref tout est techniquement possible et efficace à partir du moment où le
cap est donné. Et c¹est le rôle du politique.

Je reste à votre disposition

Messages

  • Aussi, étant donné que le Canada anglo-saxon ne semble pas vouloir envoyer des troupes, il faudrait que le Québec fasse une entente avec la France pour avoir une force armée québécoise au sein de l’armée française, une sorte de légion étrangère constituée de citoyens québécois au service du Québec, de la France et de la Francophonie dont les frais pourraient être partagés.

    Dominique
    dominique.beaulieu@gmail.com