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Disque de Phaïstos : objections et réfutations

mercredi 25 octobre 2006, par Robin Delisle

La théorie proto-ionienne recompose de manière globale
l’identité de la Méditerranée des premiers temps, en offrant une solution cohérente à la présence de mots grecs dans les substrats linguistiques de nombreux langages.

Le point de départ de cette théorie fut une tentative de déchiffrement du disque de Phaïstos.

Grapheus, usager d’un forum de langues anciennes répond avec vigueur à un détracteur de la validité du déchiffrement opéré par Jean Faucounau.

- Entretien avec Jean Faucounau : Les Troyens étaient-ils des Grecs
- Enfilade Le disque de Phaïstos et les 40 mensonges sur le forum fr.lettres.langues-anciennes.grec

1ère objection : "Le disque est indéchiffrable". Objection accompagnée en
général, de calculs du type : "L’écriture -
à supposer que cela soit une écriture - utilise au moins 60 signes
phonétiques. Cela fait 60 possibilités pour chaque signe. Or il y en
a 45 différents, d’où "6O puissance 45" possibilités". Bon, le
calcul de nos mathématiciens amateurs est légèrement faux puisque si
l’on donne la valeur A au premier signe, il n’en reste que 60-A = 59
pour le deuxième... Mais n’ergotons pas, le nombre de possibilités
est quand même considèrable... Le hic est ailleurs : une langue
donnée, écrite dans un système donné, n’accepte pas toutes les
"possibilités théoriques". Ainsi, en français alphabétique, un Q
est toujours suivi d’un U, jamais d’un I. Cela réduit singulièrement
le nombre de "possibilités" ! Et un mathématicien - un vrai,
celui-là !- Claude Shannon, a établi une formule qui donne la
longueur minimum d’un texte pour qu’il soit déchiffrable. Manque de
pot pour nos mathématiciens amateurs, cette formule dit que le Disque
de Phaistos est déchiffrable !
Eh oui ! Si je prends le texte alphabétique codé par simple
substitution (1 lettre = 1 chiffre) : 12-4 6=22-4-6 , il existe
26x25x24x23 = 358.800 "possibilités théoriques", mais si je sais (ou
devine) qu’il s’agit du nom en français d’un objet, il n’y a qu’UNE
solution possible !...

2e objection : "Tous les essais de déchiffrement utilisant l’acrophonie
ont échoué". Et c’est ainsi qu’un Torsten Timm, par exemple, a mis
"dans le même sac" les essais de Kaulins, Stawell, Bowden et
Faucounau...
Le mensonge réside dans le fait que si pour Stawell, Knudsen, etc.
l’acrophonie fut la seule méthode employée, ce n’est pas vrai pour le
déchiffrement de J. Faucounau qui fut au départ fondé sur des
considérations statistiques.
Alors, je veux bien que l’acrophonie seule offre trop de possiblilités
pour être une méthode fiable, mais quid lorsqu’elle sert d’appoint à
une autre méthode ?...

3e objection : "De toutes manières, le texte du Disque de Phaistos - si
c’est un texte - contient trop de "signes rares", n’apparaissant
qu’une ou deux fois, pour qu’une "lecture réussie" ne soit pas
atteinte, quelle que soit la méthode de déchiffrement employée".
Erreur ! Car comment se fait-il que TOUS les "déchiffrements" sauf
un présentent des invraisemblances inacceptables ?.. Pour les uns,
c’est un sens de lecture contraire aux faits épigraphiques. Pour
d’autres, ce sont des anomalies linguistiques inacceptables (comme la
traduction, par exemple, de Danawoi par De-ni dans un dialecte grec
ayant conservé le digamma). Pour d’autres encore, ce sont des "coups
de pouce" donnés en cascade pour pouvoir arriver à un texte ayant un
sens acceptable (Par exemple, le signe 30 qui représente visiblement
un "bélier" traduit par "cerf"). Etc.


4e objection
 : "Mais la Solution Proto-Ionienne présente elle-même de
telles invraisemblances : Ainsi, l’écriture n’est pas conforme aux
syllabaires égéens connus".
Eh oui, l’écriture du Disque n’est pas du type du Linéaire B ou de
celui du Syllabaire Chypriote ! Mais le mensonge consiste à
considérer cela comme "invraisemblable", alors que le déchiffrement
lui-même conduit à conclure que l’écriture du Disque n’a rien à
voir avec la Civilisation minoenne ! Et qu’elle fut créée par un
autre peuple, les Proto-Ioniens, qui s’inspirèrent des Hiéroglyphes
égyptiens, beaucoup plus "souples" sur le plan syllabique puisque le
"bélier" s’y lisait khnoum et le "scarabée" khepr !

5e objection : "Autre invraisemblance de la Solution Proto-Ionienne :
une case du Disque ne correspond pas toujours à un mot".
Hé oui ! Là encore, le mensonge consiste à considérer cela comme
"invraisemblable" alors que LE MÊME phénomène est attesté dans
l’écriture chypriote syllabique : on y trouve un attaché au mot
suivant, ou un couple de mots reliés par <-te> écrit sans coupure..
Est-il donc si "invraisemblable" que les anciens scribes n’aient pas la
même notion du "mot" que nous, et que pour eux "Pierre et Paul" ait pu
être parfois considéré comme un seul "mot" ?..

6e et 7e objections : "La langue du Disque de Phaistos est inconnue, ce
qui rend tout déchiffrement incertain, y compris la Solution
Proto-Ionienne" — "Le système d’écriture - s’il s’agit bien d’un
texte - est inconnu, ce qui rend tout déchiffrement incertain, y
compris la Solution Proto-Ionienne".
Dans les deux cas, le’objection réside dans le "y compris la Solution
Proto-Ionienne". Car il est bien exact que tout déchiffrement
nécessite de faire *une hypothèse* sur la langue du Disque et sur le
système d’écriture. Pour certains, ce choix fut fait en s’appuyant
sur l’idée d’une parenté possible du Disque de Phaistos avec d’autres
inscriptions. Pour la Solution Proto-Ionienne, il fut fait par la voie
de calculs statistiques qui amenèrent le déchiffreur à conclure que
la "probabilité maximum" était en faveur d’un dialecte grec (plus
précisément de type ionien), écrit dans un système syllabique
légèrement différent de celui du Linéaire B. Système que J.
Faucounau expliqua plus tard comme ayant été inspiré aux navigateurs
cycladiques proto-ioniens par l’écriture égyptienne, laquelle est
moins stricte sur la définition des syllabes puisque le "bélier" s’y
lit khnoum ou le "scarabée" khepr...
Mais bien que résultant de calculs de "probabilités", le
déchiffrement proto-ionien n’en est pas pour autant aussi "incertain"
que ses détracteurs l’affirment. Car, contrairement aux autres essais
de déchiffrement du Disque de Phaistos, il est *prouvé* par le fait
que toutes ses conséquences se sont avérées vérifiées par les
faits. Ces preuves sont énumérées dans les Chapitres 6 et 7 du livre
de J.F. sur le déchiffrement, chapitres que veulent étrangement
"ignorer" les détracteurs de la Théorie Proto-Ionienne...

8e objection : "Tous ceux ayant utilisé l’acrophonie (Stawell, Knudsen,
etc.) ont "forcé" certaines identifications des signes afin d’arriver
aux valeurs phonétiques qui les arrangeaient. Ainsi J.Faucounau a
réinterprété le signe 25 ("navire") en "navire à rames" (cf T.Timm
 : "So deutet er (= J.F.) D25 ("Schiff") in ein "Ruderschiff" um" ).
L’erreur consiste à présenter cette incontestablement "surprenante
interprétation" du Signe 25 comme une *faiblesse* du déchiffrement
proto-ionien du Disque de Phaistos alors qu’elle en constitue au
contraire *une sérieuse présomption d’exactitude* ! La question
mérite d’être exposée en détail :
Le probable nom proto-ionien du "bateau" du Disque de Phaistos, soit
*(e)reu-naûs, résultant de l’acrophonie (le signe en question vaut
RE), signifie en effet que les marins cycladiques du Bronze Ancien se
sont servis (ce qu’on savait déjà grâce aux dessins sur les "poêles
à frire") de "bateaux à rames" pour explorer la Méditerranée, de
Troie aux Cyclades, à la Crète et à l’Egypte. Le radical *(e)reH- a
probablement pour origine une onomatopée, correspondant au ahanement
régulier des rameurs, et il remonte certainement au "Proto-IE" au sens
de P. Kretschmer. Difficile autrement d’expliquer les différences
entre grec < eretês>, latin < rêmus> et lituanien < iriu> !... Les
voyages d’exploration des marins cycladiques et proto-ioniens du Bronze
Ancien (de 2900 à 1800 avant notre ère) conduisirent à passer de la
notion de "naviguer sur un bateau à rames" à celui d’"explorer",
d’"interroger" (les indigènes), d’où le sens du verbe < ereunaô> ,
qui est ainsi expliqué. On notera au passage que la formation de ce
mot est plus proche de lit. < iriu> que de grec < ere-tês>, ce qui
témoigne de sa grande ancienneté. Le verbe < ereunaô> apparaît ainsi
déjà comme une relique du proto-ionien chez Homère qui utilise
plutôt les "formes simplifiées" < ereeinö>, voire < ereô> pour
"interroger", "explorer".

9ème objection : "S’il est vrai que des marins cycladiques (ou crétois)
ont abordé les côtes d’Egypte au Bronze Ancien, rien ne prouve qu’ils
parlaient proto-ionien. Ceci ne peut donc être considéré comme une
preuve de l’exactitude du déchiffrement du Disque par le
proto-ionien".
Erreur ! Car les marins qui établirent au Bronze Ancien sur les
côtes d’Egypte des "points d’appui", escales où ils pouvaient se
ravitailler en eau et en vivres, et faire des échanges avec les
autochtones, étaient désignés par les Egyptiens les "Haou-Nebout",
alors que les Crétois étaient appelés les "Keftiou". Or, comment,
sous les Ptolémées, les Egyptiens traduisirent-ils ce nom : les GRECS
 !!! Etant donné qu’il ne saurait s’agir à l’époque du Bronze Ancien
des Mycéniens (appelés d’ailleurs les Akhouasha par les Egyptiens),
il ne peut s’agir que des "Proto-Ioniens", dont l’existence a été
*prévue* par le déchiffrement du Disque de Phaistos. Cette
*vérification d’une conséquence* du déchiffrement constitue donc une
*preuve* de l’exactitude de ce dernier.

10ème objection : "Que l’astronomie grecque soit née vers 2500 avant
notre ère dans les Cyclades, comme l’ont démontré divers astronomes
(A. Crommelin, M. Ovenden, en particulier) ne prouve pas que ses
inventeurs parlaient proto-ionien".
L’erreur est évidente : Quels sont donc les Grecs qui pouvaient
être établis dans les Cyclades vers 2500 avant notre ère, sinon les
Proto-Ioniens dont l’existence a été *prévue* par le déchiffrement
du Disque de Phaistos ? Cette *vérification d’une conséquence* de
celui-ci constitue donc une nouvelle preuve de son exactitude.
Autre preuve complémentaire : la finale en -ad- des Hyades, Pleiades,
Cyclades elles-mêmes, finale qui appartient à l’ionien-attique et à
la langue d’Homère.

11ème objection : "Que le "bateau" (Signe 25) du Disque de Phaistos ait
une carène aux formes anguleuses comme les navires cycladiques du
Bronze Ancien, et non de forme arrondie comme les navires minoens, et
soit comme les navires cycladiques pourvu d’une girouette en forme de
poisson et de rubans destinés à mesurer la force du vent, ne prouve
pas que le charpentier qui l’a construit parlait proto-ionien".
Affirmation sans fondement, car niant l’identité - démontrée par
ailleurs - entre "marins cycladiques du Bronze Ancien" et
"Proto-Ioniens". Certes, cette identité ne saurait résulter de la
seule identité de forme entre le signe S25 du Disque de Phaistos et
les navires représentés sur les "poêles à frire" cycladiques...
Mais, *s’ajoutant* à tous les traits communs entre le Disque de
Phaistos et la "Civilisation de Syros" (spirale, mélanges de traits
incisés et d’impressions, cachets en relief, forme probable de ces
cachets) et aux arguments divers conduisant à identifier les "marins
cycladiques du Bronze Ancien" et les "Proto-Ioniens" (preuve
astronomique par exemple), cette ressemblance est un *argument
supplémentaire* en faveur de la dite identification. Transformer cet
argument supplémentaire en "absence d’argument" n’ est intellectuellement pas tenable.

12e objection : "Son déchiffrement du Disque de Phaistos par le
proto-ionien faisant intervenir une ser !e en -AE correspondant à l’A
long du grec, J. Faucounau a justifié la chose en faisant appel à
Antoine Meillet qui a soutenu - contrairement à M. Lejeune - que le
passage de l’alpha long à l’êta en ionien-attique s’était fait en
deux étapes, séparées par un intervalle de temps inconnu, mais
pouvant être important vu la stabilité relative de la diphtongue AE
(voir Latin par exemple). Mais cette théorie n’est pas prouvée".
L’erreur réside dans la dernière phrase "cette théorie n’est pas
prouvée". Car les preuves se trouvent dans les "proto-ionismes"
existant dans les tablettes mycéniennes ("proto-ionismes" ignorés
bien sûr par la Théorie de Risch-Chadwick !). Car certaines
diphtongues AE y ont été écrites A-E ou A-I en écriture Linéaire
B. En voici quelques exemples : na-e-si-jo ; "nêsios" — na-i-se-wi-jo
 : "nêsêFion" — ka-e-sa-me-no : "khêssamenos" —ke-e-se-u :
"khêsseus" — etc. Dans tous les cas, le sens de la "traduction"
faisant intervenir la diphtongue proto-ionienne AE s’accorde
parfaitement avec le contexte.

13ème objection : "Contrairement à ce qu’affirme J.Faucounau p. 23 de son
livre, l’écriture du Disque de Phaistos et celle de la Hache
d’Arkalochori sont apparentées".
L’erreur réside dans le "Contrairement à ce qu’affirme..." et dans
la *citation tronquée* qui est faite à l’appui de cette erreur. Voici
la citation complète du paragraphe en question :"Le rapprochement
souvent invoqué avec l’inscription de la Hache d’Arkalochori n’est pas
EN TOUTE RIGUEUR valable : l’écriture du Disque a été IMPRIMEE,...
celle de la Hache consiste en dessins GRAVES...". Plus tard,
J.Faucounau a complété sa pensée dans le livre "Les Origines
Grecques...", écrivant : "Il semble que ce système (= celui du Disque
de Phaistos) ait eu au Minoen Moyen quelques héritiers éphémères...
Cet objet (= la Hache d’Arkalochori) fut trouvé par Sp. Marinatos dans
une caverne sacrée en même temps qu’une dizaine d’épées de longueur
inusitée de "type philistin"... Il est incontestable que ses signes
.... rappellent ceux du Disque de Phaistos, malgré la différence de
technique.."

14e objection : "Les partisans de la "Solution Proto-Ionienne"
prétendent que TOUTES les conséquences de cette solution sont
vérifiées. Or il n’existe aucune vérification que le signe 26, par
exemple, ait la valeur phonétique SO/SU".
L’erreur réside dans l’omission du mot "vérifiables". Les
partisans de la "Solution Proto-Ionienne" ne parlent, bien entendu, que
des CONSEQUENCES VERIFIABLES. Or que le signe S26 ait bien eu la valeur
SO/SU dans l’écriture du Disque est *présentement invérifiable* : on
ne peux ni démontrer que c’est vrai, ni démontrer le contraire !
(Cela le sera peut-être un jour si on trouve un "second disque").
Alors, faute de mieux, dans le cas de ces "conséquences présentement
invérifiables", on ne peut raisonner qu’en global : "Si TOUTES les
conséquences vérifiables ont pu être reconnues exactes -
et elles sont nombreuses !- pourquoi une "conséquence présentement
invérifiable" serait-elle fausse ?"

15e objection : "Mais certaines valeurs phonétiques sont présentées
par J.Faucounau comme vérifiées par l’acrophonie !.. Par exemple le
signe S38 "fleur en forme de rosette" est présenté comme "vérifié"
par le grec  : "marguerite". Mais < margaritès> ne saurait
avoir désigné une "fleur de genre aster" dans l’Antiquité".
Le mensonge réside dans l’affirmation catégorique "ne saurait avoir
désigné", alors qu’il existe de nombreux indices contraires :
Premier indice : La plupart des plantes ayant des fleurs en étoile
poussent en Europe et dans les pays méditerranéens. Le terme
"marguerite" et ses variantes est attesté, par ailleurs, dès
l’Antiquité, en grec, en latin et en sanskrit avec deux sens : "fleur"
et "perle". Au moins en sanskrit, le sens "fleur" est le plus ancien.
On a donc toutes raisons de penser que le terme remonte à
l’Indoeuropéen le plus ancien, d’autant que la racine IE *merg- a
donné des mots signifiant aussi bien "marc" (de raisin, etc.) (cf grec
amorgos) que des termes marquant "la folie due à l’ingestion d’une
décoction" (cf grec margos). Il n’y a donc AUCUNE raison de penser que
le terme n’était pas connu à l’époque des Proto-Ioniens et ne
désignait pas "une fleur aux pétales en étoile".
Deuxième indice : Dans Plantes 1,4,1, Aristote mentionne une "plante
d’Egypte" portant le nom . Même si rien n’indique que
cette plante ait eu une fleur en forme de "rosette", on ne peut que
s’étonner qu’une plante d’Egypte connue des Grecs porte un nom qui
semble d’origine IE !.. On ne peut penser, comme explication de ce fait
singulier, qu’aux Proto-Ioniens...
CONCLUSION : L’affirmation catégorique que "ne saurait
avoir désigné une fleur du genre aster dans l’Antiquité" , et plus
précisément à l’époque des Proto-Ioniens, est donc purement
gratuite.

16e objection : "Une autre valeur phonétique est aussi présentée par
J.Faucounau comme vérifiée par l’acrophonie. Elle concerne le signe
S19, supposé être un "crochet de chadouf", soit < kêlônêion >, qui
serait d’après lui un diminutif de  : "chadouf". Mais
n’est pas un diminutif. Il s’agit d’un simple dérivé
du mot  : "âne" et il désigne une "machine à irriguer mue
par un âne". "
L’erreur est double : a)- il y a tout d’abord une faille dans le raisonnement
consistant à présenter comme une "vérification" ce qui est plutôt
une "explication par l’acrophonie" de la valeur phonétique. b)- Mais
il y a surtout l’énoncé de plusieurs contre-vérités flagrantes :
1)- Le mot n’a jamais signifié PRIMITIVEMENT "âne". Un tel
sens n’est justifié par aucune racine indoeuropéenne, égyptienne,
sémitique ou autre... Son sens le plus ancien est bien ,
comme le montre son emploi chez Hesychios d’Alexandrie. Le mot a une
bonne étymologie IE et est de la même famille que grec  :
"bois" , terme dérivé lui-même de la racine proto-IE *KaW- : "tige"
(cf grec , lat. caulis), d’où aussi l’idée de "matériau qui
brûle" (cf grec ). Le terme n’a pris que TARDIVEMENT le sens
d’"âne qui fait tourner la machine à irriguer" (Archiloque de Paros),
sens favorisé par le fait que la racine *kaw- : "tige" avait donné
aussi en grec le mot  : "phallus en érection", d’où
"étalon". 2)- il existe bien des diminutifs en -eion , comme le
mentionne E. Fleury, par exemple, dans sa "Morphologie Historique de la
Langue grecque" 3)- par ailleurs le "chadouf à balancier" (voir la
Fig. 19 du livre de J.F. qui reproduit le dessin d’un vase attique du
Ve siècle) est bien ANTERIEUR à la "machine à irriguer mue par un
âne". Cette dernière technique daterait, d’après les spécialistes,
de l’époque des Hyksos (et certains, comme Z. Mayani, en attribuent
même l’invention à ces derniers).

17e objection : "Le texte du Disque ne saurait être du grec car il ne
comporte aucun mot monosyllabique, mots pourtant très fréquents en
grec (articles, prépositions, particules, etc.)".
L’erreur réside dans ce qu’il n’est pas tenu compte du fait que,
comme les scribes qui écrivirent les inscriptions grecques en
Syllabaire Chypriote, le scribe du Disque n’avait pas à l’époque la
même notion du "mot" que les écrivains grecs de l’Epoque Classique :
un est lié par lui au mot suivant — il considère comme un seul
"mot" deux termes liés par la conjonction de coordination - — il
attache l’article/démonstratif au mot suivant — etc.

18e objection : "Il est invraisemblable que le signe S 34 du disque soit
considéré comme "une mouche" () alors que, dans diverses
oeuvres d’art grecques postérieures, le même dessin représente une
abeille".
Le mensonge réside dans la négation implicite que l’"abeille" n’a pas
pu, à l’époque du Disque, s’appeler "mouche à miel", nom qu’elle
portera encore au XVIXe siècle, dans certaines campagnes françaises,
et ceci alors que l’étymologie indique que le terme , mot qui
désigne l’abeille en grec classique, était à l’origine un adjectif
*melitya.

Messages

  • Comme je l’ai dis le personnage avec la coupe de cheveux étrange est "identifié" (présomption)
    Mais il me manque encore des précisions.
    "c’est une tribu" résidante de l’égypte antique le long de l’ançien NIL dont il ne reste qu’une soixantaine de personnes portant la même coupe de cheveux,
    Cette ethnie est en voie de disparition selon les ethnologues
    Pour le reste j’attend

  • Cher Monsieur,

    en réponse à votre invitation à réagir à la publication en ligne des « 40 mensonges du disque de Phaistos » — lesquels ne sont d’ailleurs que 18 — sous la signature de Grapheus, je tiens à préciser ce qui suit.

    Je ne me prononcerai pas sur les thèses de Grapheus, le forum de fsha étant là pour ça, mais sur votre phrase introductive. Vous dites en effet que Grapheus réagit à (1) UN (2) DETRACTEUR de (3) la théorie des Proto-ioniens de Faucounau.
    L’honnêteté - ou pour utiliser un terme neutre - l’objectivité voudrait que vous signaliez que (1) PLUSIEURS lecteurs (2) ont émis des RÉSERVES sur tout ou (3) PARTIE de la LECTURE du disque par Faucounau, mais surtout sur les arguments avancés par Grapheus pour défendre cette lecture, qui n’est pas la sienne.
    Pour ma part, je ne me considère pas comme un détracteur à priori de ladite thèse - elle est de loin la moins farfelue de toutes celles qu’on a pu soutenir sur le disque - mais comme un simple lecteur dont l’esprit critique reste en éveil.
    Par ailleurs, la thèse des Proto-ioniens ne dépend pas exclusivement de la lecture du disque. Simplement la lecture du disque, en tout cas dans sa version Grapheus, souffre d’imprécisions, d’approximations, de paralogismes, voire de sophismes, et surtout d’un manque de documentation avérée dans l’argumentation de Grapheus.
    Je note au passage la propension - ou pour employer un terme objectif - la facilité avec laquelle Grapheus qualifie de mensonge toute opinion qui n’est pas exclusivement la sienne, tout en se posant en pourfendeur de la Pensée unique --- dont la responsabilité incombe en définitive au lecteur paresseux, amorphe ou inculte, et non à l’auteur.

    Pour vous permettre, à vous et à vos lecteurs, de bien comprendre le sens de mes interventions sur fsha, je préciserai encore ce qui suit.
    J’ai une maîtrise en archéologie, histoire ancienne, grec ; et sans faire valider cours et séminaires par des examens, j’ai suivi tous les cours offerts à la fac en grammaire comparée des langues IE, en philosophie grecque et en latin.
    J’ai été pendant trois ans assistant d’histoire ancienne, pendant 4 ans chercheur au FNRS. J’ai participé aussi à 5 campagnes archéologiques et épigraphiques à Erétrie et à Philippes (Ecole suisse et Ecole française d’archéologie) et suis l’auteur de quelques articles dans des revues scientifiques.
    Par ailleurs, parlant le grec moderne, j’ai accès à des sources archéologiques ou historiques de première main.
    C’est à ce titre que je ne suis pas près de gober n’importe quelle ... « margarita » de Grapheus, et non en détracteur manichéen de la thèse de Faucounau, encore moins de la personne de Grapheus.

    *** Je vous prierais de ne pas communiquer ce CV à Grapheus, pour garder à notre ... « échange » toute sa virulence, laquelle d’ailleurs n’est pas faite pour me déplaire --- c’est toujours mieux que du prozac --- même si la prose et les clichés de Grapheus sont parfois lassants.

    Avec mes meilleurs sentiments.
    Chaeréphon

    P.S. BRAVO pour votre site et MERCI de tout ce que vous faites pour les Humanités.

    « Les langues mortes n’ont pas encore dit leur dernier mot » (Anonyme, 20e s. p.C.)

  • Pourriez-vous m’expliquer tr`s précisemment ce que veut dire : "Et qu’elle fut créée par un autre peuple, les Proto-Ioniens, qui s’inspirèrent des : "Hiéroglyphes égyptiens, beaucoup plus "souples" sur le plan syllabique puisque le "bélier" s’y lisait khnoum et le "scarabée" khepr !"

  • et si c’était 2 cartes ?
    cette voie a t’ elle été analysée ?