Le portique

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Le grec, le latin et ma petite entreprise...

mercredi 8 novembre 2006.

Professeur de grec et de latin, le nouvel entrepreneur ou l’art de la gestion des stocks...

Tenez, cas d’école : je n’enseigne que le grec et le latin dans mon établissement, ce qui me vaut une situation un peu particulière : mon poste ne tient que par le nombre de latinistes et d’hellénistes. Or, ce sont deux matières optionnelles. Je suis donc tenu de convaincre parents et élèves du bien-fondé de l’étude de ces deux langues, et même, du bien-fondé de la poursuite de leur étude : de surcroît, je dois aussi avoir un nombre minimal d’élèves, faute de quoi les sections ne sont pas maintenues. Voilà qui m’oblige à "vendre" ma discipline. En même temps, j’ai des contraintes de qualité : mon enseignement doit tenir la route et les élèves apprendre quelque chose.

Je tiens donc amoureusement mes statistiques, année par année, étudiant en valeur absolue tant que relative mon cheptel de latinistes et d’hellénistes. Notez que même si j’augmente en valeur relative la proportion de mes latinistes et hellénistes, ce n’est pas suffisant : mon "chiffre d’affaire" doit augmenter, ce qui suppose que les effectifs du collège agumentent. Je suis donc lié par la situation globale du collège en termes d’effectifs.

En outre, je dois aussi convaincre mes propres collègues de l’utilité de participer à mes campagnes publiciatires et de s’investir dedans.

Je ne puis pas me permettre des échecs répétés : si je perds mes élèves, je perds mon poste (je veux dire que je serai muté ailleurs).

Donc, quand quelque chose ne marche pas, je dois me remettre en cause. C’est pour cette raison que je refais très régulièrement mes cours et que j’en expérimente de nouveaux (investissement lourd en temps dans la recherche). J’essaie de voir parfois ailleurs chez d’autres collègues ce qui marche (je visite la Finlande locale, quoi) mais attention, je ne brade pas : mauvaise qualité ruine, disait ma grand-mère, et j’ai vérifiée bien souvent cette archaïque devise, y compris en ce qui concerne la substance des cours.

Par ailleurs, une idée peut être géniale, si elle ne trouve pas preneur (comprenez que les élèves ne s’y intéressent pas) je n’ai plus qu’à la jeter.

Conclusion : n’hésitez pas à promettre et à présenter les choses toujours sous leur meilleur aspect, il en restera toujours quelque chose.

Oubliez ou minorez les désagréments. Séduisez les décideurs (les parents), et innovez sans relâche (100% de mes cours en salle inforatique avec des techniques toujours plus sophistiquées, par exemple).

Et voilà pourquoi je rêve pour mon futur, de devenir LE vendeur, celui qui décroche des contrats mirifiques pour un grand groupe.

Sur le fond, la situation est comparable : je me verrais bien proposer monts et merveilles à un petit groupe bancaire pour le compte d’un grand groupe bancaire ou encore vendre du refinancement, des choses comme ça, quoi...Bref, donnez-moi des choses à vendre, j’adore vendre des choses...

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