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Caligula

dimanche 18 mars 2007, par Robin Delisle

D’une certaine manière, l’empereur fou est l’avatar ultime du héros romain. On l’a vu, ce qui a caractérisé les nouveaux héros des dernières lueurs de la République, c’est l’absence de limites et de normes, et ce dans tous les domaines. Mais l’empereur fou ne conserve cette caractéristique que dans le domaine moral, achevant ainsi de convertir le héros romain en un double profondément perverti et vicieux.

Caligula

Parcours de Caligula

III 1 Caligula imperavit annos quattuor. 2 Iste filius fuit Germanici, et quia natus in exercitu fuerat, cognomentum calciamenti militaris (id est caligula) sortitus est. 3 Ante principatum omnibus carus acceptusque fuit, in principatu vero talis, ut non inmerito vulgaretur atrociorem illo dominum non fuisse. 4 Denique tres sorores suas stupro maculavit. 5 Incedebat habitu deorum suorum ; Iovem ob incestum, e choro autem Bacchanali Liberum se asserebat. 6 De quo nescio an decuerit memoriae prodi, nisi forte quia iuvat de principibus nosse omnia, ut improbi saltem famae metu talia declinent. 7 In palatio matronas nobiles publicae libidini subiecit. 8 Primus diademate imposito dominum se iussit appellari. 9 In spatio trium milium, quod in sinu Puteolano inter moles iacet, duplici ordine naves contexens, arenae aggestu ad terrae speciem viam solidatam, phalerato equo insignisque aenea corona, quasi triumphans indutus aureo paludamento, curru biiugo decucurrit [...].

Source : Epitome de Caesaribus par Aurelius Victor

Recherches à effectuer

  1. Quelles sont les origines de Caligula ? établissez sa filiation avec Jules César.
  2. Lisez la phrase 2 : quels sont les rapports entre Germanicus et Catilina ? Faites une recherche sur Germanicus
  3. Faites une recherche sur les Julio-Claudiens . Qui sont-ils ? Pourquoi les appelle-t-on ainsi ?

La fin de Caligula

(...) D’après les uns, tandis qu’il s’entretenait avec ces enfants, Cherea le blessa grièvement au cou, par derrière, avec le tranchant de son glaive, en prononçant le mot « Faites ! », puis le tribun Cornelius Sabinus, le second conjuré, l’attaquant de face, lui transperça la poitrine ; d’après les autres, Sabinus, ayant fait écarter la foule par des centurions affiliés au complot, lui demanda le mot d’ordre, suivant l’usage militaire et Gaius répondant « Jupiter », Cherea s’écria : « Sois exaucé ! », puis, comme l’empereur se retournait, lui fracassa la mâchoire. Etendu à terre, les membres repliés sur eux-mêmes, il ne cessait de crier qu’il vivait encore, mais les autres conjurés l’achevèrent en lui portant trente coups, tous ayant pour cri de ralliement le mot « redouble ! » ; certains même lui enfoncèrent leur glaive dans les parties honteuses.(...)

Source : Vie des douze Césars , Caligula LXVIII, Suétone

Source : Vie des douze Césars , Caligula LXVIII, Suétone

Un changement radical

[...] Durant les huit premiers mois de son règne, Caligula gouverna sagement. Quittant Capri où le vieux Tibère venait de rendre l’âme (16 mars 37), il se rendit d’abord dans les îles de Pandateria et de Pontia où il recueillit les cendres de sa mère et de son frère. Ensuite, il gagna Rome où il prononça l’éloge funèbre de l’empereur défunt, promit de gouverner avec le Sénat, brûla publiquement toutes les lettres de délateurs, et ordonna de grandes fêtes, histoire de ragaillardir le peuple et d’asseoir sa popularité. Après la terreur des dernières années de Tibère, l’Empire respirait à nouveau…[...]

Source : empereurs romains

[...] mais une grave maladie fit changer dramatiquement Caligula. Dès lors il s’achemina comme son grand-oncle vers le despotisme, s’adonnant, selon certaines sources, à la débauche (on lui prête entre autres une longue liaison incestueuse avec sa sœur Drusilla). Certains assurent qu’il était en fait déjà atteint psychologiquement avant son avènement, mais que, le pouvoir aidant, il devint vite un empereur tyrannique et mégalomane, se prenant pour Jupiter. Il ridiculisa le Sénat et l’institution des consuls, fit assassiner ou bannir la plupart de ses proches, et on l’accuse encore de s’être amusé à faire pratiquer d’horribles tortures en plus de meurtres arbitraires. [...]

Source : Wikipedia, article Caligula

Portrait de Caligula

(1) Statura fuit eminenti, colore expallido, corpore enormi, gracilitate maxima ceruicis et crurum, oculis et temporibus concauis, fronte lata et torua, capillo raro at circa uerticem nullo, hirsutus cetera. (2) Quare transeunte eo prospicere ex superiore parte aut omnino quacumque de causa capram nominare, criminosum et exitiale habebatur. (3) Vultum uero natura horridum ac taetrum etiam ex industria efferabat componens ad speculum in omnem terrorem ac formidinem. (4) Valitudo ei neque corporis neque animi constitit. Puer comitiali morbo uexatus, in adulescentia ita patiens laborum erat, ut tamen nonnumquam subita defectione ingredi, stare, colligere semet ac sufferre uix posset. (5) Mentis ualitudinem et ipse senserat ac subinde de secessu deque purgando cerebro cogitauit.

Source : Vie des douze Césars , Caligula L, Suétone

Folie ou empoisonnement ?

(6) Creditur potionatus a Caesonia uxore amatorio quidem medicamento, sed quod in furorem uerterit.

Source : Vie des douze Césars , Caligula L, Suétone

(1) Non inmerito mentis ualitudini attribuerim diuersissima in eodem uitia, summam confidentiam et contra nimium metum. (2) Nam qui deos tanto opere contemneret, ad minima tonitrua et fulgura coniuere, caput obuoluere, at uero maiore proripere se e strato sub lectumque condere solebat.

Source : Vie des douze Césars , Caligula LI, Suétone

Robert Amberlain écrit dans la Vie secrète de saint Paul, au chapitre 21 :

« À cette époque à Rome, règne une célèbre empoisonneuse, Locuste. Elle sera mise à mort à Rome en 68, sous le règne de Galba. Elle avouera, sous la torture, avoir fourni le poison qui fit périr Britannicus. Comme on ne lui demanda pas de détails sur ses relations avec Cæsonia, il n’y a donc qu’une présomption pour qu’elle ait également fourni celui qui rendit fou Caligula. Observons toutefois que les solanées entraient pour une part importante dans la composition des philtres de mort, car elles entraînaient des troubles préalables qui pouvaient faire croire à une maladie cérébrale. Mais si le philtre était insuffisant, si le sujet, traité à temps, pouvait échapper à la mort, il y avait malgré tout des séquelles graves, et des troubles cérébraux en résultaient immanquablement. Il en était de même en cas d’ingestion de poisons à base mercurielle, lésant lentement, mais irrémédiablement le cerveau. »

L’humour de Caligula

On attribue un certain nombre de paroles fameuses à Caligula, déontant un esprit particulièrement tordu...

(1) Non temere in quemquam nisi crebris et minutis ictibus animaduerti passus est, perpetuo notoque iam praecepto :

« Ita feri ut se mori sentiat. »

(2) Punito per errorem nominis alio quam quem destinauerat, ipsum quoque paria meruisse dixit. (3) Tragicum illud subinde iactabat :

« Oderint, dum metuant. »

Infensus turbae fauenti aduersus studium suum exclamauit :

« Vtinam p. R. unam ceruicem haberet ! »

Source : Vie des douze Césars , Caligula XXX, Suétone

(2) Quotiens uxoris uel amiculae collum exoscularetur, addebat :

« Tam bona ceruix simul ac iussero demetur. »

Source : Vie des douze Césars , Caligula XXXIII, Suétone

Lautiore conuiuio effusus subito in cachinnos consulibus, qui iuxta cubabant, quidnam rideret blande quaerentibus :

« Quid," inquit, "nisi uno meo nutu iugulari utrumque uestrum statim posse ? »

Source : Vie des douze Césars , Caligula XXXII, Suétone