Le portique

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Jugurtha, un Berbère contre Rome de Haouaria Kadra

mercredi 27 juin 2007.

L’histoire de Jugurtha commence au chapitre II, à la mort de Massinissa, son grand-père, dans son palais de Cirta (Constantine). Ses trois fils lui succédèrent, Micipsa, Gulussa et Mastanabal. Jugurtha était le fils de Mastanabal et d’une concubine : ce n’était pas un enfant légitime et, de ce fait, il était écarté de la succession. A la mort de son père, Jugurtha fut recueilli par son oncle Micipsa, qui le fit venir à la cour et le traita comme ses propres enfants ( Adherbal et Hiempsal destinés à régner après lui).

A l’adolescence, Jugurtha laissait deviner ses talents exceptionnels de guerrier et de meneur d’hommes. Pour les Numides, il était la réincarnation de Massinissa, le « grand aguellid », dont la vie avait été une véritable épopée, fertile en aventures et en rebondissements. Aussi le jeune homme était-il très aimé et admiré, et l’attachement des Numides pour sa personne ne se démentit jamais, même après sa mort. Jugurtha passait la plus grande partie de son temps à l’entraînement militaire et à la chasse aux bêtes fauves, où il était toujours le premier à s’exposer.

Le roi Micipsa, inquiet pour l’avenir de ses fils, décida de se débarrasser de son neveu, en l’envoyant à la guerre de Numance (Espagne). Il chargea Jugurtha de conduire les troupes et les éléphants que lui réclamait l’illustre Scipion Emilien, espérant fermement ne plus le revoir. Mais le jeune homme s’attira l’amitié et la protection du général romain : pour le récompenser des immenses services qu’il lui avait rendus, Scipion Emilien fit comprendre à Micipsa que Jugurtha devait lui succéder au même titre que ses deux fils Adherbal et Hiempsal. Micipsa l’adopta immédiatement et, quelques années avant sa mort, l’inscrivit sur son testament : désormais la route du pouvoir s’ouvrait devant Jugurtha, alors que sa naissance l’en avait écarté.

Les choses se gâtèrent à la mort du roi, un conflit opposa les trois cohéritiers et, après de multiples péripéties, aboutit à l’intervention militaire romaine contre Jugurtha, devenu seul roi de toute la Numidie, après l’élimination de ses cousins. Au cours de cette guerre de sept ans, le roi se révéla un rude adversaire, guerrier intrépide, excellent général et habile diplomate…Malgré des défaites et l’épuisement de ses forces -qui l’amènent à recruter dans les tribus gétules-, Jugurtha refusera jusqu’au bout de déposer les armes. Les généraux utiliseront l’arme de la trahison pour venir à bout de leur ennemi et mettre fin au « cauchemar numide ».

La biographie de Jugurtha est précédée d’un chapitre intitulé La Berbérie et Rome au temps de Jugurtha, qui fournit des informations utiles à la compréhension du récit.

Haouaria Kadra a utilisé toutes les sources latines et grecques (Salluste, Tite-Live, Plutarque etc.), ainsi que les travaux modernes se rapportant à son sujet. Elle s’est attachée à établir les faits et à les rapporter très exactement, pour restituer Jugurtha dans sa dimension historique. Car s’il symbolise depuis des siècles la résistance à l’invasion étrangère, le guerrier numide demeure un inconnu pour la grande majorité des Maghrébins, un « héros sans visage » (Serge Lancel). Grâce à cette première biographie, le lecteur découvrira un personnage attachant, plein de grandeurs et de faiblesses, à la destinée fascinante.

Enseignante à l’Université d’Alger-centre, l’auteur a publié sous le nom de Houaria Kadra-Hadjadji :

Contestation et révolte dans l’œuvre de Driss Chraïbi, Paris, Publisud -Alger, ENAL, 1986.
Oumelkheir, roman, Alger, ENAL, 1989.
Méthode d’arabe moderne, avec Hamdane Hadjadji, 3ème édition revue et corrigée, Paris, Ibis-Press, 2004.
L’Arabe moderne à travers les textes littéraires, avec Hamdane Hadjadji, Alger, ENAL, 1989.
L’Arabe technique par les textes, avec Hamdane Hadjadji, Paris, Publisud-Alger,OPU, 2ème édition, 1988.

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