Le portique

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Un nouveau déchiffrement pour le Linéaire B

dimanche 15 juin 2008.

Site internet : Mycenien.info

Dans les années 50, Michael Ventris a déchiffré l’écriture mycénienne appelée Linéaire B. L’espoir était grand de trouver, dans l’écriture sur ces tablettes en argile, d’importantes informations anthropologiques sur cette culture, matrice de la civilisation occidentale, qui a habité l’île de Crète ainsi que des citadelles mycéniennes du T.M.II jusqu’à la destruction du dernier niveau de la citadelle de Mycènes (de 1450 à 1100 ACN).

Les traductions des tablettes par M. Ventris ont donné à penser qu’il s’agissait de listes de marchandises, de poids et mesures, de listes militaires, ou d’énumérations d’ouvriers, de noms, de rations et distributions de l’Etat, etc. Mais le « silence » des tablettes sur les thèmes cultuels, rituels ou mythologiques, ne s’accorde pas avec les évidences archéologiques qui révèlent une riche activité dans le domaine des croyances et des rituels. Cette lacune est à l’origine de cette étude, qui met en question, non pas le déchiffrement, mais les traductions du Linéaire B.

Dès le début, il y a eu confusion : on a considéré comme inflexions des signes qui avaient été identifiés phonétiquement par comparaison avec d’autres écritures. Ces prémisses, qui ont servi de données pour l’analyse statistique, ne soutiennent pas l’hypothèse que ces valeurs sont réellement et dans tous les cas des inflexions. C’est une chose de donner une valeur phonétique à un signe, c’en est une autre de le considérer entièrement comme inflexion. Cette présupposition a entraîné une confusion dans le processus de déchiffrage par la méthode statistique. Qu’est-ce à dire ? La réussite apparente du point de vue statistique ne constitue pas une base épistémologique suffisante pour ne voir dans ces signes que des déclinaisons. Et certes encore moins quand les évidences archéologiques ne s’accordent pas avec cette lecture.

Dans cette recherche nous avons repris les valeurs phonétiques établies par MM. Ventris et Chadwick, et nous avons repéré des mots d’une seule syllabe pour établir un nouveau texte. Les recours à l’homonymie, la paronomasie, la synonymie, l’hyperonymie et surtout à la polysémie, vu les pratiques des religions magiques superstitieuses, permettent de considérer que c’étaient là des outils pour exprimer des sujets tabous dans les textes du Linéaire B, et, précisément, dans ses iconogrammes et ses numérales. La paronomasie et la polysémie, avec les fausses étymologies, ont été les outils principaux utilisés par la littérature et l’art religieux. La sémantique des symboles dans l’iconographie minoenne et mycénienne, sont susceptibles d’une lecture, et ils ne sont pas toujours pris en compte.

Notre « Nouvelle interprétation des tablettes mycéniennes », présente une nouvelle méthodologie de traduction, plus satisfaisante à nos yeux. En n’utilisant toujours qu’un vocabulaire restreint, nous avons pu traduire 89 tablettes. Ces nouvelles traductions, dont deux déjà sont publiées (voir réf. ci-dessus), montrent que ces tablettes ne sont pas des listes administratives, mais des textes cultuels où le processus rituel est lié aux mythes constitués et à la pratique d’une religion magique superstitieuse (ce qui se trouvé confirmés par des évidences archéologiques).

Les traductions nous indiquent qu’il n’y avait pas de raffinement du graphisme dans le monde mycénien, mais qu’il existait une excellente maîtrise de la polysémie, la délicatesse de la métaphore, la métonymie et l’euphémisme, et ce depuis les premiers écrits.

Le mot kreetízoo signifie « imiter les habitants de la Crète, tromper », et cela s’applique au Linéaire B. Le système d’écriture, héritage d’un grand passé historique, est trompeur pour cacher le sens de ce qui est écrit. On peut même avancer qu’il était intentionnellement écrit pour cacher le sujet, car un fort tabou s’imposait sur la manifestation écrite des pratiques religieuses.

(lire la suite sur le site mycenien.info)

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  • 28 juin 2008, E. et T. Martinotti (email)

    Un nouveau déchiffrement pour le Linéaire B

    Les auteurs de cette texte et de cette méthodologie d’interpretation des textes mycéniens sont Enriqueta et Tina MARTINOTTI.

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