Le portique

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Qui veut la mort du latin et du grec ?

Lettre ouverte au Ministre de l’Education nationale

samedi 15 novembre 2008.

Site internet : La lettre de la Cnarela à Xavier Darcos, Ministre de l’Education Nationale

Ministre, récession, affection nosocomiale, métaphore, idéal, idéalisme, démocratie, stratosphère, géopolitique, to stand, stehen, estar, mujer… Ces mots scientifiques ou du vocabulaire de tous les jours, ces mots français, anglais, allemands, espagnols puisent leurs racines communes dans le latin et le grec, langues‐mères de l’Europe.

De la Renaissance au XXIème siècle, architectes, peintres, sculpteurs, musiciens conversent avec l’art, l’histoire, la mythologie du monde gréco‐romain.

De la Renaissance au XXIème siècle, en Europe, les écrivains, les philosophes, les politiques font référence à Homère, Socrate, Platon, Aristote, Tacite, Virgile…

465 000 élèves du collège au lycée en L, mais surtout en S et ES étudient le latin (seconde langue étudiée après l’anglais) et le grec, parce qu’ils ont bien compris que les langues et cultures de l’antiquité leur permettaient de s’approprier la langue française et le patrimoine culturel européen. Or la réforme de la classe de seconde du lycée organise la mort du latin et du grec :

  • La réforme interdit de facto aux élèves scientifiques de choisir des langues anciennes en établissant une concurrence entre les modules Sciences et Humanités, en offrant dans les modules un enseignement renforcé des matières de tronc commun.
  • La réforme, loin de supprimer les filières, les renforce en marginalisant encore davantage la filière littéraire sans présenter les débouchés qu’elle offre.
  • La réforme remet en question la continuité d’enseignement du latin et du grec entre le collège et le lycée. De plus, les lycéens ne s’investiront pas dans un enseignement qu’ils ne pourront pas valider au baccalauréat.
  • La réforme, en marginalisant le latin et le grec, prive l’enseignement d’un facteur d’intégration et de promotion sociale. N’agissez pas dans la précipitation, Monsieur le Ministre. Ne soyez pas le fossoyeur du latin et du grec qui vous ont nourri et qui nourrissent le patrimoine linguistique et culturel de l’Europe
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