Le portique

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Poules, voies romaines et autoroutes...

vendredi 26 août 2005, par Robin Delisle

Ce sont les voies qui ont fait la grandeur de l’empire romain, plus encore que ses succès militaires, en rendant possible son expansion. Au Pérou de l’autre côté de l’Atlantique, un autre empire, l’empire inca, domina le continent en reliant les chaînes de la cordilière des Andes que parcouraient alors ses « chaskis », coureurs à pied.
A l’heure où il est question de vendre les autoroutes de la Gaule, une immersion dans l’Antiquité pourrait favoriser , espérons-le, la réflexion de nos décideurs...

Le droit primitif romain intègre l’existence de voies publiques. Il en est notamment question dans les XII tables.
Le cinquième article de la table VII définit ainsi les dimensions de la voie romaine, cité entre autres par Varron :

« La servitude du chemin doit avoir huit pieds de large en ligne droite et seize quand elle tourne »

On y lit enfin :

« Il y a des voies publiques, où tout le monde peut aller, et des voies privées dont l’usage est interdit à tous, excepté à ceux dont elles sont la propriété. »

Alors nos décideurs vont-ils faire moins que l’antique république romaine, en préparant pour leur nouvelle république une terre où n’existe plus que des voies privées ?

Les voies romaines ont disparu au moyen-âge et avec elles pour longtemps le souvenir des Anciens.
Elles disparurent, parce que leurs pierres furent vendues à l’encan, au plus offrant, et avec elles, les échanges et une part des revenus de l’empire.

En dépit de la création des Ponts-et-chaussées par Colbert, il fallut l’invention fameuse d’un certain MacAdam pour qu’enfin le réseau routier reprenne son essor.
alors que penser de l’avenir d’un état qui vend ses routes, au regard du destin de la République et de l’Empire romains ?...

Le fabuliste Esope a écrit une fable fameuse à propos d’une certain poule : le Portique prend la licence de la retranscrire ici, texte grec compris pour les hellénistes...

La poule aux oeufs d’or

Un homme avait une belle poule qui pondait des oeufs d’or. Croyant qu’elle avait dans le ventre une masse d’or, il la tua et la trouva semblable aux autres poules. Il avait espéré trouver la richesse d’un seul coup, et il s’était privé même du petit profit qu’il tenait. Cette fable montre qu’il faut se contenter de ce qu’on a, et éviter la cupidité insatiable.

Ὄρνις χρυσοτόκος.

Ὄρνιν τις εἶχε καλὴν χρυσᾶ ὠὰ τίκτουσαν· νομίσας δὲ ἔνδον αὐτῆς
ὄγκον χρυσίου εἶναι καὶ θύσας εὗρεν οὖσαν ὁμοίαν τῶν λοιπῶν
ὀρνίθων. Ὁ δὲ ἀθρόον πλοῦτον ἐλπίσας εὑρεῖν καὶ τοῦ μικροῦ
κέρδους ἐστερήθη. Ὅτι τοῖς παροῦσιν ἀρκείσθω τις καὶ τὴν
ἀπληστίαν φευγέτω.

Liens de référence :

http://web.upmf-grenoble.fr/Haiti/Cours/Ak/twelve_fran.html
http://www.memo.fr/article.asp?ID=THE_TRA_005#Som0
http://www.thelatinlibrary.com/12tables.html

http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/concordances/esope_251a300/lecture/37.htm