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L’homme de génie et la mélancolie

lundi 10 octobre 2005, par Robin Delisle

Jackie Pigeaud accomplit un très difficile parcours en tâchant de suivre pas à pas la pensée d’Aristote sur un sujet pour le moins riche : le rapport entre la mélancolie et le génie.

Le coeur du rapprochement, c’est la raisonnement sur le caractère protéiforme du mélancolique : parce que la mélancolie prédispose à tous les changements, dans l’excès et le défaut, elle est par nature métamorphe ; le mélancolique, comme l’homme pris de boisson, peut donc s’incarner dans tous les caractères, élargissant ainsi à l’humanité son champ visuel. Le problème XXX se fait ainsi rêverie sur la création, car il supprime l’alternative entre le "heureusement doué" et le fou. Si le premier se modèle facilement, le second sort de lui-même. Du moins, tel est l’état de la réflexion d’Aristote dans sa Poétique. Seulement, le problème XXX nous révèle que "heureusement doué" et "fou" relève d’un même donné naturel : le mélancolique. Ainsi, ce n’est plus qu’une différence de degré entre l’un et l’autre. En définitive, parce que le mélancolique peut se faire aussi bien stratège, qu’homme politique, que poète. Poésie, telle est peut-être le point de départ de la réflexion d’Aristote, finalement, car si Platon faisait dans le Ion un inspiré extatique du poète, Aristote substitue le hasard du mélange de la bile noire au souffle divin.

L’homme de génie et la mélancolie d’Aristote, Rivages poche(Petite bibliothèque) 1988

Messages

  • Du fait de sa mélancolie, celui ci prend du temps pour penser d’une manière libre en oubliant les contraintes de la vie.
    Une expansion de la pensée sans les frontières créees par nous.
    Dire que cette pensée liberée est proche du génie je n’irai pas jusque là.
    Le poète lui est dans la même liberté de pensée, point n’est obligation pour lui de se limiter aux mots ou règles d’autruis
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