Le portique

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La nécessité des médiations

mardi 10 juin 2003, par Michel Guillou

La recherche de l’information dont nous avons besoin est bien souvent un épouvantable casse-tête. On a beau s’être équipé de méthodes sans failles et d’un répertoire fourni de moteurs et d’annuaires de recherche performants, être convaincu aussi que l’information est bien présente parce qu’on est certain de l’avoir déjà vue quelque part, il n’est pas rare que cette quête s’avère infructueuse et, du coup, nous laisse particulièrement désemparés. L’échec, qui nous paraissait aller de soi dans nos recherches bibliothécaires, devient franchement insupportable sur le web.

À l’expérience et à force de fréquenter les agoras électroniques que sont les listes de diffusion, les forums de discussion ou les salons IRC, nous nous sommes constitué aussi un réseau serré de compétences et de connivences qui nous permet, le plus souvent, dans un deuxième temps, non d’accéder directement à l’information qui nous manque mais au moins d’être guidés vers elle.

Nos élèves, eux, à qui nous avons confié un rapport de synthèse sur tel ou tel sujet ou qui travaillent au CDI ou ailleurs à rédiger leurs dossiers de « TPE » au lycée ou les conclusions d’un « Itinéraire de découverte » au collège, sont confrontés tout à la fois et au même moment à l’information et à la désinformation, au fait et à la rumeur — laquelle trouve là une formidable caisse de résonance —, à la vérité et au mensonge, à la pédagogie et à la manipulation... Faire ses propres choix, en pleine autonomie, est d’autant plus difficile que l’immensité ajoute à la cacophonie.

Alors comment faire ? N’y a-t-il pas d’autre choix pour nous que de proposer une véritable éducation aux médias et, en l’occurrence, au média Internet, qui permette aux élèves de tenter de décrypter les messages électroniques, de faire leurs propres choix de lecture et de se fabriquer leur propre réseau de médiation et de médiateurs ?

L’enjeu pour demain est considérable et il conditionnera sans doute la capacité de nos élèves à accéder à la connaissance, de manière autonome, raisonnée et critique. Il y a là, pour les maîtres d’abord et pour les élèves ensuite, du travail pour de longues années auquel il faut s’atteler sans tarder.

En ce sens et à sa mesure, le Portique se propose, lui aussi, d’être, en proposant une lecture sélective et forcément subjective de l’information électronique, un des éléments de ces futurs mais nécessaires réseaux de médiation.