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Les Saturnales ont commencé...

vendredi 15 décembre 2006, par Robin Delisle

Les Saturnales vont commencer : elles se déroulaient en effet à Rome du 17 au 23 décembre en un temps où l’on savait ce que faire la fête voulait dire.

Elles célébraient le solstice d’hiver, période la plus sombre de l’année mais aussi promesse de jours qui vont bientôt allonger à nouveau ; on y honorait tout particulièrement le 21 décembre la déesse Angerona, qui avait comme particularité de faire traverser les jours étroits et/ou les périodes angoissantes ( cf angustus : étroit, d’où, angor : gorge serrée, angoisse ) .

Pendant ces journées de fêtes, on invitait famille et amis, on banquetait, on ornait maison et végétation de guirlandes, on s’offrait des chandelles de cire, des figurines de pain ou de terre cuite, des pièces de monnaie ... On ne revêtait plus la toge, mais la tunique, vêtement des pauvres et des esclaves et on pouvait même coiffer le pileus libertatis , "bonnet de liberté", la coiffure des esclaves affranchis.

On conçoit aisément que le carnaval soit issu de ces joyeuses coutumes. Alors par ces temps parfois tristes et mornes, la Rédaction a souhaité vous rappeler l’existence de ces moments aussi festifs que religieux et vous suggérer une idée.

Nous avons trouvé un exemple de reconstitution pour élèves grâce aux bons soins d’une enseignante de l’Académie de Dijon. Rien, toutefois, n’empêche de joyeux drilles d’adapter la reconstitution en question pour faire un défilé avec des enfants, des voisins, sa famille, un groupe d’amis, une bande de copains, à l’hôptial, dans la rue, dans une résidence du 3ème âge, et cetera...

Pendant les Saturnales, toutes les folies sont permises, alors, amis lecteurs distrayez vous et ne manquez pas de faire connaître au Portique vos expériences...

Valete !

Messages

  • Cher Robin Delisle,

    me permettez-vous d’apporter une modeste contribution à votre sujet "Les Saturnales ont commencé..." ?

    J’ai interrogé la banque de textes des ITINERA ELECTRONICA et ai trouvé ainsi, chez BOCCACE [sic], dans sa Généalogie des Dieux, livre IV, chapitre XV, l’explication suivante concernant la déesse ANGERONA :

    [4,15] CAP- XV : De Angitia Solis filia.
    Angitiam seu Angeoniam Theodontius dicit Cyrcis fuisse sororem et Solis filiam et haud longe ab ea in agro Campano moratam, sed melioribus artibus operatam.
    De qua, non in omnibus cum eo concordans, Gaius Celius asserit eam Cyrcis fuisse sororem et uicinia Fucini lacus occupasse, et ibidem salubri scientia aduersus morbos incolis deseruisse ; quam ob
    rem diem claudens dea ab eisdem habita est. Macrobius autem in Saturnaliorum libro hanc Angeroniam deam uocat, dicitque illi apud Romanos XII Kal- ianuarias ferias celebrari, eique
    a pontificibus in sacello Valupie sacrum fieri. Verrius autem Flaccus idio dicit eam Angeroniam apellari, quod angores ac sollicitudines animorum propitiata depellat.
    Addit insuper Masurius simulacrum huius dee ore obligato atque signato in ara Volupie collocatum, ob id quod, qui suos dolores anxietatesque dissimulant, beneficio patientie in maximam oblectationem deueniant. Sane Iulius Modestus huic sacrum
    fieri dicit, eo quod populus Romanus morbi, qui anginia dicitur, uoto promisso liberatus sit.
    Cur autem Solis sit credita aut dicta filia, medendi ars causam dedisse potuit.