Le portique

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Fragments du ΠΕΡΙ ΦΥΣΕΩΣ

mardi 3 janvier 2006.

Proclus et philodème rapportent à propos de ce philosophe les anecdotes suivantes. Il est notable de remarquer que Démocrite, loin, comme ses contemporains, de voir dans la mort un sujet de crainte et de superstition, considère tant qu’à lui que tout - la résurrection y compris ! - s’explique rationnellement. Une subtile analyse psychologique l’amène à se moquer des terreurs de ses semblables et à en expliquer la cause. De sorte que c’est finalement deux matérialismes qui s’opposent : l’un moral qui pousse les individus à accorder de l’importance aux choses matérielles - richesse et ornementation de la tombe, ou plus encore, culte du corps jusque dans la mort - et l’autre scientifique qui va à l’encontre du premier et s’en moque. En effet, le corps n’est finalement que matière...

DEMOCRITE

Fragments reconstitués

Avertissement : cette traduction a fait l’objet de débats sur fr.lettres.langues-anciennes.grec.

Fragment I selon Proclus. in remp. II 113, 6 Kroll


τὴν μὲν περὶ τῶν ἀποθανεῖν δοξάντων ἔπειτα ἀναβιούντων ἱστορίαν ἄλλοι τε πολλοὶ τῶν παλαιῶν ἤθροισαν καὶ Δημόκριτος ὁ φυσικὸς ἐν τοῖς Περὶ τοῦ Ἅιδου γράμμασιν. καὶ τὸν θαυμαστὸν ἐκεῖνον Κωλώτην, τὸν Πλάτωνος ἐχθρόν,

Ἐπικούρειον ὄντα πάντως ἔδει <τὰ τοῦ> καθηγεμόνος τῶν Ἐπικούρου δ<ογμάτων> μὴ ἀγνοῆσαι μηδὲ ἀγνοήσαντα ζητεῖν, πῶς τὸν ἀποθανόντα πάλιν ἀναβιῶναι δυνατόν. οὐδὲ γάρ ὁ θάνατος ἦν ἀπόσβεσις, ὡς ἔοικεν, τῆς συμπάσης ζωῆς τού σώματος, ἀλλ’ ὑπὸ μέν πληγῆς τινος ἴσως καὶ τραύματος παρεῖτο, τῆς δὲ ψυχῆς οἱ περὶ τὸν μυελὸν ἔνεμον ἔτι δεμοὶ κατερριζωμένοι καὶ ἡ καρδία τὸ ἐμπύρευμα τῆς ζωῆς εἶχειν ἐγκείμενον τῷ βάθει · καὶ τούτων μενόντων αὖθις ανεκτήσατο τὴν ἀπεσβηκυῖαν ζωὴν ἐπιτήδειον πρὸς τὴν ψυχωσιν γενόμενον.

Trois traductions différentes sont disponibles.

Nombreux sont ceux parmi le reste des Anciens qui ont abordé le sujet de ceux qui croient revivre après leur mort, en particulier le

physicien Démocrite dans son écrit "Sur Hadès". Il fallait absolument que l’illustre Colotès, ennemi de Platon et Epicurien n’ignorât pas les écrits du devancier des thèses épicuriennes, et s’il les ignorait, qu’il ne cherchât pas comment un mort pouvait à nouveau revivre. Car la mort n’était pas un anéantissement, à ce qu’il semblait, de toute vie du corps, mais sous l’effet d’un coup ou encore d’un traumatisme était proche, les liens de l’âme encore enracinés demeuraient autour de la moëlle, et le coeur conservait le souffle de vie établi en ses profondeurs.

Toutes ces choses demeurant, ce qui est nécessaire à la réanimation, il recouvrait à nouveau la vie qui avait disparue.

Traduction réalisée par Robin Delisle le 22/11/2002

La recherche sur les morts apparentes suivies de retours à la vie a été menée par un bon nombre d’Anciens et particulièrement par Démocrite le Physicien dans son écrit Sur l’Hadès. Et le fameux Kôlôtês, cet étonnant personnage, l’adversaire de Platon, était un Epicurien qui n’aurait nullement dû méconnaître les (principes) d’un maître ès Maximes d’Epicure ni, pour l’avoir ignoré, se demander comment il est possible que celui qui est mort revienne à la vie. Car la mort (apparente), selon toute vraisemblance, n’était pas l’extinction de la totalité de la vie du corps, mais celle-ci était seulement mise en veilleuse par un coup ou une blessure, tandis que les liens de la vie solidement attachés autour de la moelle faisaient encore leur office et que le coeur gardait la braise de la vie enfouie dans ses profondeurs : et puisque ces éléments subsistaient, l’ apparition d’un facteur capable de provoquer la réanimation a remis en activité la vie qui s’était éteinte.

Traduction réalisée par Fernand Lemaire le 21/11/2002


De nombreux philosophes de l’antiquité se sont penchés sur les récits concernant des personnes qui paraissaient être déjà mortes, et qui, au
contraire, dans la suite, se remettaient à vivre ; parmi ces philosophes figure aussi le physicien Démocrite, dans ses écrits intitulés À propos des Enfers. Pour cette raison, Colotès, personnage vraiment surprenant, opposé à Platon et épicurien à tout crin, n’aurait pas dû ignorer les doctrines du précurseur des dogmes épicuriens et ni même rechercher, justement à cause de cette ignorance, comment il pouvait être possible qu’une personne morte revive une autre fois. Dans un tel cas, en effet, la mort ne peut être l’anéantissement, comme pourtant cela semble, de la vie entière du corps, mais plutôt un évanouissement provoqué par une blessure ou aussi par un traumatisme, en dépit duquel demeurent encore bien enracinés et solides les liens qui unissent l’âme à la moelle, et le cœur maintient bien établie au fond de lui l’étincelle enflammée de la vie. Ainsi, toutes ces conditions étant réunies , le corps est devenu capable de se réanimer, acquérant à nouveau la vie qui s’en était éloignée.

Traduction réalisée Ugo Bratelli le 21/11/2002


Fragment Ia selon Philodème. de morte 29, 27 Mekler

τῆς δ’αὖ σηπεδόνος ἔχεται κατὰ Δημόκριτον <καὶ> τὸ δυσωπεῖσθαι διὰ τὴν ὀσφ<ρ>αντ<ικ>ῶν τού<των φαν>τασ<ίαν> καὶ δυσμορφίας · καταφέρονται γὰρ ἐπὶ τοιοῦτο πάθος σκιαὶ τῶν μετὰ τῆς εὐσαρκίας καὶ τοῦ κάλλους ἀποθνησκόντων... 30, 1 καὶ παραπέμπουσιν, ὅτι πάντες ἅμα τοῖς ὡς Μίλων εὐσάρκοις ὀλίγου μὲν χρόνου σκελετοὶ γίνονται, τὸ δὲ πέρας εἰς τὰς πρώτας ἀναλύονται φύσεις · ὑπακουστέον δὲ δῆλον ὅτι τὰ τοῖς εἰρημένοις ἀνάλογα καὶ περὶ τῆς κακοχροίας καὶ συνόλως τῆς δυσμορφίας. κενότατον τοίνυν ἐστὶν τὸ λυπεῖσθαι προορωμένους τὴν οὐ πολυτελῆ ταφὴν καὶ περίβλεπτον, ἀλλὰ λιτὴν καὶ προστυχοῦσαν. 39, 9 εἶθ’ ὅταν ἐναργὴς αὐτοῦ [ τοῦ θανάτου] γένηται θεωρία, παράδοξος αὐτοῖς ὑποπίπτει · παρ´ ἥν αἰτίαν οὐδὲ διαθηκας ὑπομένοντες γράφεσθαι περικατὰληπτοι γίνονται καὶ δίσσ’ ἐμφορεῖν ἀναγκάζονται κατὰ Δημόκριτον.


A l’inverse, selon Démocrite, le fait d’éprouver de la répugnance à la vue de la putréfaction vient d’une part de la représentation de l’odeur de ces choses d’autre part de leur difformité. Car les ombres de ceux qui sont morts bien en chair et en beauté sont amenées à un
tel état. Et ils font des funérailles, parce que tous ceux qui sont bien en chair comme Milon deviennent en peu de temps des squelettes d’une part, d’autre part, se désagrègent en leurs natures premières pour finir ; il faut entendre évidemment que les choses sont similaires pour ceux qui ont péri dans la maigreur et en général dans la difformité. Se lamenter est donc totalement vain pour ceux qui prévoient une tombe ni riche ni admirable, mais humble et sans atours. Ensuite lorsque la vision de la mort est manifeste, elle leur tombe dessus contre toute attente ; suivant cette raison, ne prenant pas même le temps de coucher sur papier leurs dispositions, ils sont surpris de toutes parts et sont dans l’obligation de doublement verser de l’encre selon Démocrite.

Traduction réalisée par Robin Delisle le 25/11/2002

Fragment II selon un dictionnaire Etymologicum Orionis

Τριτογένεια ἡ Ἀθῆνα κατὰ Δημόκριτον φρόνησις νομίζεται. γίνεται δὲ ἐκ τοῦ φρονεῖν τρία ταῦτα · βουλεύεσθαι καλῶς, λέγειν ἀναμαρτήτως καὶ πράττειν ἅ δεῖ.

Athéna Tritogénie signifie la prudence, selon Démocrite. Du fait de penser avec prudence il se produit ces trois choses : Bien délibérer, parler sans erreur et agir comme il faut.

Fragment II selon les Scolies Genevoises, I,V, III

Δημόκριτος δὲ ἐτυμολογῶν τὸ ὄνομα [ s-e Τριτογένεια] φησιν, ὅτι ἀπὸ τῆς φρονήσεως τρία ταῦτα συμβαίνει · τὸ εὖ λογίζεσθαι, τὸ εὖ λέγειν καὶ τὸ πράττειν ἅ δεῖ.

Démocrite étudiant l’étymologie du nom Tritogénie affirme que de la prudence proviennent ces trois choses : le fait de bien raisonner, le fait de bien parler et le fait d’agir comme il faut.

Traductions réalisées le 25/11/2002 par Robin Delisle

Fragment III Plutarque. de tranquilitate animi. 2 p. 465c

ὁ μὲν οὖν εἰπὼν ὅτι δεῖ τὸν εὐθυμεῖσθαι μέλλοντα μὴ...ξυνῇ πρῶτον μὲν ἡμῖν πολυτελῆ τὴν εὐθυμίαν καθίστησι, γινομένην ὤνιον ἀπραξίας

Stobée. IV 39, 25 H.

τὸν εὐθυμεῖσθαι μέλλοντα χρὴ μὴ πολλὰ πρήσσειν, μήτε ἰδίῃ μήτε ξυνῇ, μηδὲ ἅσσ’ ἂν πράσσῃ, ὑπέρ τε δύναμιν αἱρεῖσθαι τὴν ἑωυτοῦ καὶ φυσιν · ἀλλὰ τοσαύτην ἔχειν φυλακὴν, ὥστε καὶ τῆς τύχης ἐπιβαλλούσης καὶ ἐς τό πλέον ὑπηγεομένης τῷ δοκεῖν, κατατίθεσθαι, καὶ μὴ πλέω προσάπτεσθαι τῶν δυνατῶν. Ἡ γὰρ εὐογκίη ἀσφαλέστερον τῆς μεγαλογκίης.

Quant à celui qui a dit que qui s’apprête à trouver la sérénité ne doit pas agir beaucoup ni en public ni en privé, il nous établit à grand prix cette tranquilité, qui est à acheter sans avoir fait d’effort.

Celui qui désire trouver la plénitude ne doit pas agir beaucoup, ni en privé ni en public, ni agir au dessus de sa capacité de préhension ni
de son naturel ; mais il doit prendre garde de manière telle qu’en cas de faveur de la fortune et d’ascension dans sa renommée il puisse
rester fort et ne rien entreprendre au delà de ses possibilités. En effet, une charge mesurée est quelque chose de plus fiable qu’une charge trop forte.

Traductions réalisées par Robin Delisle le 02/12/2002

Fragment IV selon CLEM. Strom. II 130 [II 184, 10 St.]

Ἀλλὰ καὶ οἱ Ἀβδηρῖται τέλος ὑπάρχειν διδάσκουσιν · Δημοκρίτος μὲν ἐν τῷ περὶ τέλους τὴν εὐθυμίαν, ἥν καὶ εὐεστὼ προσηγόρευσεν. καὶ πολλάκις ἐπιλέγει · ‘τέρψις γὰρ καὶ ἀτερπίη οὖρος <τῶν συμφόρων καὶ τῶν ἀσυμφόρων’[B 188] ὅ προκεῖσθαι τέλος τῷ βίῳ τῶν ἀνθρώπων τῶν τε νέων καὶ> τῶν περιηκμακότων. Ἑκαταῖος δὲ αὐτάρκειαν [73 A 4] καὶ δὴ Ἀπολλόδοτος ὁ Κυζικηνὸς τὴν ψυχαγωγίαν [74, 1] καθάπερ Ναυσιφάνης τὴν ἀκαταπληξίαν [75 B 3]· ταύτην γὰρ ἔφη ὑπὸ Δημοκρίτου ἀθαμβίην λέγεσθαι.


Mais les Abdéritains enseignent aussi qu’il existe une fin ; Démocrite dans son ouvrage "Sur la fin" enseigne que c’est la joie, qu’il appelle aussi prospérité. Et souvent il rajoute : en effet la plénitude et le désagrément sont les bornes des avantages et des inconvénients, ce qui est une fin à mettre en avant dans la vie des êtres humains aussi bien jeunes qu’âgés. Hécatée dit que c’est l’autarcie et Apollodote de Cyzique qu’elle est le divertissement de l’âme ; selon Nausiphane, l’impassibilité ; car il dit que cette dernière est appelée intrépidité par Démocrite.

Texte traduit par Robin Delisle le 25/11/2002

Fragment V,3 selon Jean Tètzès.

Φασίν Ἕλληνες ὅσοι τὸν κόσμον γεννητόν εἶναι λέγουσιν, ὅτι μετὰ τὸ διαππαγῆναι τὸ ἔρεβος καὶ τὸν ἀέρα συστῆναι καὶ ὑποστῆναι τὴν γῆν πηλώδη καὶ παντελῶς ἁπαλὴν σηπεδονώδεις καὶ πομφολυγώδεις ὑμένας ἐκ ταύτης ἀναδοθῆναι · ὧν ὑπὸ τοῦ ἡλίου θερμαινομένων ἡμέρας, νυκτὸς δὲ τρεφομένων ταῖς σεληναίαις ὑγρότησιν καὶ μετὰ τὴν αὒξησιν ἐκραγέντων ἀνθρώπους συνέβη γενέσθαι καὶ παντοίων ζώιων ἰδέας πρὸς τὴν στοιχειακὴν ἐπικράτειαν, τὴν ὑδατώδη φημὶ καὶ πυρώδη καὶ γεώδη καὶ ἀερώδη. Καταξικμασθείσης δὲ τῆς γῆς ὑφ’ ἡλίου καὶ μηκέτι γεννᾶν δυναμένης ἐξ ἀλληλογονίας φασὶ τὴν γέννησιν γενέσθαι. Ὅτι δὲ ζῶια γεννᾶν οἶδεν ἡ γῆ, δεικνύουσι πολλαχόθεν καὶ ἐκ τῶν ἐν Θηβαΐδι τῇ Αἰγυπτίαι γεννεμένων ὑμων μετὰ τὴν τοῦ Νείλου τῆς ἀναβάσεως ὑποχώρησιν.
Οἱ τότε δὲ τῶν ἀνθρώπων ἁπλότητος ὄντες καὶ ἀπειρίας ἀνάμεστοι οὐδεμίαν οὔτε τέχνην οὔτε γεωργίαν ἐπίσταντο οὔτ’ ἄλλο οὐδεν, οὔτε ὅ τι ἐστὶ νόσος ἤ θάνατος ἐπεγίνωσκον, ἀλλ’ ὡς ἐπὶ κοῖτον ἐπὶ τὴν γῆν πίπτοντες ἀπέψυχον οὐκ εἰδότες ὅ πάσχουσι · φιλαλληλίαν δὲ μόνον ἀκοῦντες ἀγελαῖον διέζων τὸν βίον δίκην ποιμνίων ἐπὶ νομὰς ἐξιόντες καὶ τοῖς ἀκροδρύοις κοινῶς καὶ τοῖς λαχάνοις τρεφόμενοι. Καὶ ἀλλήλοις κατὰ θηρίων προσεβοήθουν καὶ συνεμάξχοντο γυμνοὶ γυμναῖς ταῖς χερσί · γυμνοὶ δὲ οὕτω τυγξάνοντες καὶ σκέπτης καὶ χρημάτων ὄντες ἐπιδεδεῖς καὶ μηδὲ καρποὺς καὶ ἀκρόδρυα πρὸς ἀποθήκας συναγαγεῖν εἰδότες, ἀλλὰ μόνην ἐσθίοντες τροφὴν τὴν ἐφήμερον χειμῶνος γεγνότος πολλοὶ διεφθείροντο. Λοιπὸν κατὰ μικρὸν τὴν ἀνάγκην σχόντες διδάσκαλον τὰ κοῖλα τῶν δέδρων καὶ τὰ δασέα καὶ τὰς σχισμὰς τῶν πετρῶν καὶ τὰ σπήλαια ὑπεδυοντο καὶ τοὺς καρπῶν δυναμένους φυλάττεσθαι μόλις γνωρίσαντες καὶ ἅπαξ αὐτοὺς συναγείραντες ἐν τοῖς σπηλαίοις ἐναπετίθεντο, καὶ τούτοις ἐτρέφοντο δι’ ὅλου ἐνιαυτοῦ.
Ἐπεὶ δὲ προμηθέστεροι γεγονότες καὶ προβουλευτικώτεροι τὸ πῦρ ἐφεῦρον, καὶ θερμοτέρων, ἤγουν πανουργοτέρων, πραγμάτων ὠρέχθησαν καὶ τὴν τοῦ ἀπερίττου καὶ ἐλευθέρου βίου μετέστρεψαν διαγωγήν και εἰμαρμένην, δι’ ὧν ὁ κόσμος κομεῖται καὶ τὰ ἡδέα ἡμῖν καὶ τερπνὰ καὶ ἁβρότατα γίνεται δίκην γυναικὸς ἡμᾶς καταθέλγοντα καὶ τρυφερωτέρους ἀπεργαζόμενα, ὅ καλεῖ πλάσιν γυναικὸς ὁ ποιητής.

On affirme que les Grecs qui soutiennent que le cosmos a été engendré admettent aussi que, une fois la séparation du (d’avec le) Chaos achevée, l’air a pris consistance et que, sous elle, la terre a pris une subsistance autonome, dans une forme de substance vaseuse et entièrement molle, d’où des membranes putrides et purulentes montèrent. celles-ci étant désséchées par le soleil le jour, et rendues compactes la nuit par les humidités lunaires puis rompues après cet accroissement, il se produisit que naquirent les humains et les formes de tous les êtres vivants proche d’ une hiérarchie alphabétique, je l’affirme, aqueuse, ignée, terrestre et éthérée. La terre s’étant désséchée sous l’effet du soleil et ne pouvant plus engendrer, ils disent que la génération s’est produite d’une procréation mutuelle. Que la terre sait engendrer des êtres vivants, ils le font voir par beaucoup de côtés à partir des rats(1) qui ont été engendrées dans la Thèbes Egyptienne suite au retrait de la crue du Nil.

Les hommes de cette époque étant emplis de naïveté et d’inexpérience ne connaissaient aucun artisanat ni aucune agriculture ni rien d’autre, ni ne savaient ce qu’est la maladie ou la mort, mais rendaient l’âme, tombant à terre comme sur une couche sans avoir su ce qu’ils subissaient ; Ils passaient leur vie de troupeau ne pratiquant que l’affection mutuelle, se retirant vers les pâturages à la manière des troupeaux et se nourrissant communément de glands et de raves.Ils se portaient secours les uns aux autres contre les bêtes sauvages et combattaient nus, à mains nues.Se trouvant ainsi nus dans le besoin de vêtement et de biens et ne sachant pas conserver les fruits et les glands dans des magasins, mais mangeant la seule nourriture quotidienne, l’hiver venant, beaucoup mourraient.Petit à petit, ayant la nécessité pour maître, ils se glissaient dans les creux des arbres, les fourrés, les cavités des rochers et les cavernes, et, ayant difficilement appris à reconnaître les fruits qui peuvent être conservés, et, une fois qu’ils les avaient rassemblés ils les entreposaient dans les cavernes et s’en nourrissaient pendant toute l’année.Ensuite, devenus plus avisés et réfléchis ils trouvèrent le feu, et aspirèrent à des choses recquérant plus de chaleur, c’est à dire plus d’industrie, et modifèrent le mode de vie libre et frugale que le destin leur avait assigné ; grâce à cela le vêtement fut ornée et les choses nous devinrent agréables, douces et très délicates nous transformant à la manière de la femme et nous rendant trop mous, ce que le poète appelle modelage de femmes.

Texte traduit par Robin Delisle aux mois de février et mars de l’année 2001.

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