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Egérie

mardi 24 janvier 2006, par Robin Delisle

Le Bois sacré d’Egérie

(1,21,3) Lucus erat, quem medium ex opaco specu fons perenni rigabat aqua. Quo quia se persaepe Numa sine arbitris uelut ad congressum deae inferebat, Camenis eum lucum sacrauit, quod earum ibi concilia cum coniuge sua Egeria essent.

Source : Tite-Live Ab Urbe condita, liber primus

_ Source : Numa Pompilius et la nymphe Egérie par Nicolas Poussin

[1,18,7] Augur ad laeuam eius capite uelato sedem cepit, dextra manu baculum sine nodo aduncum tenens, quem lituum appellarunt. Unde ubi prospectu in urbem agrumque capto deos precatus regiones ab oriente ad occasum determinauit, dextras ad meridiem partes,

Source : Tite-Live Ab Urbe condita, liber primus

Etude des textes de Tite-Live

Egérie

  • Recherchez le vocabulaire de la première phrase de l’extrait « Lucus erat, quem medium ex opaco specu fons perenni rigabat aqua. » en utilisant le dictionnaire en ligne de Gérard Jeanneau
  • Que pensez-vous de l’atmosphère ainsi créée ? Comment qualifieriez-vous ce type de discours (donnez des indices grammaticaux pour justifier votre réponse).
  • Qu’est-ce que le « lucus » ? Comparez l’atmosphère du bois, telle que la décrit Tite-Live, avec le tableau de Nicolas Poussin : que constatez-vous (justifiez votre réponse avec des indices picturaux ) ? Qualifiez chaque détail du tableau de Nicolas Poussin en utilisant un mot du texte de Tite-Live quand c’est possible.
  • Relevez tous les ablatifs du texte : quelles formes autres que celles des 1ères et 2ndes déclinaisons identifiez-vous ?
  • Qu’appelle-t-on aujourd’hui une égérie ? Faites le lien avec l’histoire rapportée par Tite-Live.
  • Dans la religion romaine archaïque, on appelle « Camènes » les nymphes des sources et des bois.

L’augure

  • Relevez les ablatifs du texte. Comparez avec ce que vous avez trouvé dans le premier extrait. Quelles nouvelles désinences avez-vous isolées ?
  • Le second extrait rapporte un rituel qui inaugura le règne de Numa. _ Pouvez-vous le décrire sommairement, après avoir effectué une lecture approximative du texte (en utilisant le dictionnaire en ligne de Gérard Jeanneau

Etude du tableau de Nicolas Poussin

Tableau à consulter sur le site du CRDP de l’Académie de Versailles

  • Tracez diagonales et médiatrices de la toile de Poussin : qui se trouve à l’intersection de ces dernières ?
  • Observez les jeux d’ombre et de lumière. Où peut-on apercevoir le soleil ? Qui éclaire-t-il ? Pourquoi ?
  • Comparez les deux extraits de Tite-Live et la réalisation de Poussin, et, après avoir également lu les remarques ci-dessous sur la méthode de Nicolas Poussin, tentez d’en déduire l’identité de chaque personnages, en justifiant vos hypothèses.

Le théâtre de cire

Nicolas POUSSIN est un peintre de l’époque classique. Né en 1594, il meurt en 1665. Il fait l’essentiel de sa carrière à Rome, et paradoxalement incarne la notion de classicisme dans la peinture française du XVIIème siècle.

Ce que l’on sait à propos de Poussin, c’est que lorsqu’on lui apportait un sujet, il commençait par lire tout ce qu’il pouvait trouver s’y rapportant pour bien s’en imprégner. L’ouvrage surgissait ainsi de la méditation. Ils fixaient l’idée à coup de croquis successifs.

Une fois que Poussin avait son idée en tête, il fabriquait des petites figurines en cire qu’il drapait soigneusement et installait tout cela dans une sorte de mini-théâtre, en variant l’éclairage de ce dernier.
En déplaçant à volonté ses figurines, il finissait par trouver les groupements les plus satisfaisants pour réaliser la clarté et l’harmonie qui lui convenaient.
C’est ensuite qu’il commençait la réalisation effective de son tableau, ne peignant jamais d’après nature, ne dessinant pas d’études préparatoires de figurines isolées, mais allant parfois observer des modèles humains.
Enfin comme beaucoup de peintre de l’époque classique, Poussin étudiait la statuaire antique qu’il considérait comme le modèle parfait pour ses compositions.

Egérie, femme ou divinité ?

Mort de Numa, douleur d’Egérie

Égérie. (XV, 479-546)

[15,480] in patriam remeasse ferunt ultroque petitum
accepisse Numam populi Latialis habenas.
_ coniuge qui felix nympha ducibusque Camenis
sacrificos docuit ritus gentemque feroci
adsuetam bello pacis traduxit ad artes.
qui postquam senior regnumque aeuumque peregit,
exstinctum Latiaeque nurus populusque patresque
defleuere Numam ; nam coniunx urbe relicta
uallis Aricinae densis latet abdita siluis
sacraque Oresteae gemitu questuque Dianae.

Source : Métamophoses livre XV, Ovide

In patriam Numa revenit : accepit populi Latini habenas. Conjuge Egeria Musisque sacra docuit gentem adsuetam bello traduxit ad artes pacis .Postquam senior, regnumque aeuumque peregit, feminae Latinae populusque patresque defleuerunt mortem Numae ; nam coniunx urbem reliquit Aricinae densis siluis latuit abdita. Perturbat cultum Dianae institutum ab Oresta deplorationibus lamentationibusque.

Le texte d’Ovide diffère sensiblement de celui de Tite-Live : la divinisation d’Egérie dans les Métamorphoses a des implications majeures sur le règne même de Numa. En effet, dans la religion archaïque romaine, les rois sont censés tenir les lois des dieux eux-mêmes. Si Egérie est une divinité, même mineure (nympha, Camenis) alors les lois édictées par Numa sont d’origine divine prennent par là tout leur poids.
Ainsi, entre Ovide et Tite-Live, l’un favorise l’intervention divine, tandis que l’autre, en s’en tenant aux stricts faits, sans commentaires additifs ni ineterpétations, privilégie le facteur humain. Il faut concevoir que les Métamophoses sont un long poème, tandis qu’Ab Urbe Condita est avant tout un récit historique.

Consolation d’Egérie

Travail à effectuer à domicile

Texte d’origine

15,490] inpedit. a ! quotiens nymphae nemorisque lacusque,
ne faceret, monuere et consolantia uerba
dixerunt ! quotiens flenti Theseius heros
’siste modum,’ dixit ’neque enim fortuna querenda
sola tua est ; similes aliorum respice casus :
mitius ista feres, utinamque exempla dolentem
non mea te possent releuare ! sed et mea possunt.
’Fando aliquem Hippolytum uestras si contigit aures
credulitate patris, sceleratae fraude nouercae
occubuisse neci, mirabere, uixque probabo,

Texte transformé

probabo,|Quotiens nymphae silvarum undarumque
dulcia verba dicebant ut quieta esset !
Quotiens Thesei filius Egeriae dixit :
Non deplora ! Tua fortuna non sola est.
Adspice aliorum calamitates :
ita ferre possum mitius tua mala.
Utinam alia exempla te relevare possent !
Forsitan meum exemplum sufficit.
Hyppolytus sum mortem obiique credulitate patris,
sceleratae novercae fraude.

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