Le portique

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Vestales et Saliens

mardi 24 janvier 2006.

Caractéristiques des Vestales

[1,20,3] uirginesque Vestae legit, Alba oriundum sacerdotium et genti conditoris haud alienum. Iis, ut adsiduae templi antistites essent, stipendium de publico statuit, uirginitate aliisque caerimoniis uenerabiles ac sanctas fecit.
Source : Tite-Live Ab Urbe condita, liber primus
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Vestales
  • le texte
  • Il faut bien distinguer , en latin, le « templum » et l’ « aedes ». Templum désigne un espace quadrangulaire dont les points cardinaux sont orientés selon des critères religieux, tandis qu’aedes est la maison du dieu proprement dite.
  • Relevez les mots appartenant au champ lexical de la religion. Qu’ont donné à votre avis « sacerdotium » et « sanctas » en français ?
  • Quelle vestale très célèbre connaissez-vous ? Contez son histoire.
  • ut + subjonctif = pour que
  • l’image
  • A votre avis, le sanctuaire représenté sur l’image est-il un « templum » ou un « aedes » ?
  • Comptez le nombre de jeunes femmes présentes sur le tableau. Comment sont-elles habillées ?
  • Qu’est-ce qui se trouve au centre du tableau ?
  • Quel peut être l’homme en blanc, d’un certain âge ?
  • Observez avec attention l’architecture des lieux : que pouvez-vous en dire ?

Le culte de Vesta

Le sanctuaire

Selon la légende, ce serait Enée qui aurait introduit le culte de Vesta en Italie, notamment à Lavinium. Numa auait ensuite transféré le culte à Rome et bâti le sanctuaire rond devenu célèbre depuis. La rotondité du temple sous-tendait elle une symbolique pythagoricienne ? En effet, les pythagoriciens croient que le centre de l’univers est un grand feu qu’ils nomme Hestia (le nom grec de Vesta). Toutefois, une autre explication, peut-être plus vraisemblable, serait que le temple fût bâti sur le modèle des maisons que l’on concevait alors : des cabanes rondes, typiques de l’habitat italique archaïque.
Vesta n’est pas seulement honorée dans un temple spécifique aedes Vestae mais aussi dans toutes les demeures.

Les prêtresses

Les Vestales ont pour rôle principal d’entretenir le feu sacré de Vesta. Il ne doit jamais s’éteindre. Primitivement au nombre de deux, Numa les porta à quatre, puis Tarquin l’Ancien à six. Les Vestales sont choisies au sein des familles les plus nobles. Elles consacrent un tiers de leur vie à apprendre leur sacerdoce, un tiers à l’effectuer, et un tiers à l’enseigner. Âgée de 6 à 10 ans à ses débuts, la jeune vestale reste au service de la déesse 30 années. Depuis Numa Pompilius, les Vestales sont payées par l’Etat. A Partir de Tarquin l’Ancien, si elles manquent à leur devoir de virginité, elles sont enterrées vivantes. Laisser le feu sacré s’éteindre leurs vaut des coups de fouet.

Templum et Aedes

Les sanctuaires bâtis sont des aedes. Aedes c’est le temple en dur, construit alors que le templum, c’est plutôt un endroit consacré. Templum désigne aussi les bois sacrés, les sources et autres sites divins. Les prêtres traçaient un templum dans le ciel avec une baguette et si les dieux y étaient favorables, sur terre sa projection devenait sacrée, et on y construisait un aedes.

Tite-Live se serait-il trompé ?

  • Selon Aulu Gelle Varron écrit :« Id quoque scriptum reliquit non aedes omnes sacras templa esse ac ne aedem quidem Vestae templum esse. »

Mais Cicéron et d’autres comme Tite Live emploient templum pour désigner le sanctuaire de Vesta.

  • Cicéron dans le Pro Scauro :
    « Qui cum templum illud arderet, in medios se injecit ignes et eripuit flamma Palladium illud quod quasi pignus nostrae salutis atque imperii custodiis Vestae continetur. »
    • Quel mot Cicéron emploie-t-il pour désigner le temple ? Que se passe-t-il exactement ?
    • Qu’en déduisez-vous ?
  • Tacite n’emploie ni templum ni aedes mais delubrum. Delubrum Vestae, in Annales XV, 41.
  • Tite Live dit aussi aedes Vestae en 26,27,4. C’est pourtant ce même Tite-Live qui écrit en I,20, 3 templum pour désigner le bâtiment en dur.
  • Horace dit templa Vestae dans Carm, 1,2,12-15.
  • Ovide dans les Fastes emploie aussi templum en 6, 297.
    Ignis inextinctus templo celatur in illo
    effigiem nullam Vesta nec ignis habet.
    • Traduisez ces extraits. Qu’en pensez-vous ?

Eléments de réponse

Nous avons une connaissance bien plus exacte du passé des Romains en particulier et des Latins en général (notamment sur le plan linguistique) que celle qu’ils en avaient eux-mêmes . L’archéologie, la linguistique et surtout une approche scientifique c’est à dire conforme au "logos" des grecs nous permettent d’en apréhender la réalité qui est somme toute bien banale mais aussi bien humaine. Tite Live dans ses assertions ne fait que transmettre ce qu’il a reçu. C’est dire à quel point il est comme bien des Anciens à la fois honnête et naïf (voir Hérodote partout, voir César et les "élans gaulois" et cetera).
En définitive, n’attendons pas des Anciens la vérité mais seulement des reflets de la vérité et grâce à ces reflets contemplons, voire rendons à la vie le vrai modèle qu’ils ont rêvé mais auquel ils n’ont jamais eu accès par simple ignorance.

Ces réflexions sur Aedes et templum sont directement issus des réponses de deux usagers, "Oncle Fétide" et "Caligula" sur le forum de latin fr.lettres.langues-anciennes.latin

La troisième déclinaison

Beaucoup de mots de la troisième déclinaison ont un radical variable. Aux cas autres que les nominatif et vocatif singulier il faut rajouter une consonne. Ainsi, virginitas fait virginitatis au génitif singulier - virgo donne virginis, et gens, gentis.

En vous appuyant sur le modèle n°3 dans le Précis de grammaire des Itinera electronica, reconstituez la déclinaison de virginitas, virgo et gens.

Le feu du soleil

Il a aussi l’inspection sur les vierges sacrées qu’on appelle vestales. C’est à Numa qu’on rapporte leur institution, ainsi que la consécration du feu sacré qu’elles entretiennent, 1’établissemeut du culte et de toutes les cérémonies qu’elles observent. Ce prince confia ces fonctions aux vestales, soit qu’il crût que la substance pure et incorruptible du feu ne devait être confiée qu’à des vierges chastes, exemptes de toutes souillures ; soit qu’il vît dans le feu, qui est infécond de sa nature, un rapport sensible avec la virginité. En effet, dans les divers lieux de la Grèce où l’on entretient ce feu perpétuel, la garde en est donnée non à des vierges, mais à des veuves qui ne sont plus en âge de se remarier. Ce feu vient-il à s’éteindre par quelque accident, comme la lampe sacrée s’éteignit à Athènes, sous la tyrannie d’Aristion ; à Delphes, lorsque le temple fut brûlé par les Mèdes ; à Rome, pendant la guerre de Mithridate, et dans la guerre civile, où le temple fut consumé avec l’autel ; alors il n’est pas permis de le rallumer avec un feu ordinaire. On s’en procure un tout nouveau, en tirant du soleil une flamme pure et sans aucun mélange. On emploie, à cet effet, des vases d’airain concaves, taillés en triangles rectangles, dont toutes les lignes, tirées de la circonférence, aboutissent à un même centre. Ces vases sont exposés au soleil, dont les rayons, réfléchis de tous les points vers ce centre commun, subtilisent l’air et le divisent : ils acquièrent par la réflexion la nature et l’activité du feu, et embrasent promptement les matières sèches et légères qu’on leur présente. Selon certains auteurs, l’emploi de ces vierges sacrées se borne à la garde du feu perpétuel ; mais quelques-uns assurent que d’autres objets saints, connus d’elles seules, sont encore confiés à leurs soins.

Vie de Numa XI, Vies Parallèles, Plutarque

  • A votre avis, Plutarque a-t-il lu Tite-Live ? Justifiez votre réponse.
  • Quelles sont les deux cités célèbres ou Vesta est ou a été honorée ?
  • Avez-vous compris comment fonctionnent les vases d’airain ? Tracez un schéma clair expliquant leur fonctionnement (à étudier le cas échéant avec le professeur de sciences physiques) .

Les Saliens

[1,20,4] Salios item duodecim Marti Gradiuo legit tunicaeque pictae insigne dedit et super tunicam aeneum pectori tegumen caelestiaque arma, quae ancilia appellantur, ferre ac per urbem ire canentes carmina cum tripudiis sollemnique saltatu iussit.
Source : Tite-Live Ab Urbe condita, liber primus
  • Traduisez le texte ci-dessus. L’élève pourra utiliser le programme collatinus ou encore le dictionnaire en ligne de Gérard Jeanneau.
  • On appelait carmen saliare le chant entonné par les Saliens. Il n’en demeure plus que quelques fragments aujourd’hui, partiellement incompréhensibles. Tullus Hostilius, le successeur de Numa Pompilus, fit passer le collège de Saliens de 12 à 24. La première douzaine honore Mars, la seconde Quirinus.

Carmen Saliare

fragmentum 1fragmentum 2fragmentum 3
divum +empta+ cante, divum deo supplicatecume tonas, Leucesie, prae tet tremonti
quot ibet etinei de is cum tonarem
cozeulodorieso. omnia vero adpatula coemisse.
ian cusianes duonus ceruses dunus Ianusve
vet pom melios eum recum
  1. Relevez deux impératif dans le texte. Tentez de deviner le sens des verbes relevés.
  2. Relevez le nom d’une divinité romaine au moins.
  3. Quels mots vous évoquent le tonnerre ?
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  • par Robin Delisle

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