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Numa et Pythagore

mardi 24 janvier 2006, par Robin Delisle

Numa et Pythagore se sont-ils rencontrés ?

Le point de vue de Tite-Live

Texte d’origine Texte transformé
(1,18,2) Auctorem doctrinae eius, quia non extat alius, falso Samium Pythagoram edunt, quem Seruio Tullio regnante Romae, centum amplius post annos, in ultima Italiae ora circa Metapontum Heracleamque et Crotona iuuenum aemulantium studia coetus habuisse constat. (1,18,3) Ex quibus locis, etsi eiusdem aetatis fuisset, quae fama in Sabinos ? Aut quo linguae commercio quemquam ad cupiditatem discendi exciuisset ? Quoue praesidio unus per tot gentes dissonas sermone moribusque peruenisset ? Historici non dubitabant ut Pythagora magister Numae esset ; tulerunt falso historiam !
Cum Servius Tullius regnaret, centum amplius post annos, in ultima Italia circa Metapontum Heracleamque scholam ut doceret alumnos et alumnas edificavit. Quomodo venit fama in Sabinos ? Ubi erant alumni ut discerent ? Non erat lingua commercio ! Unus non poterat ire sine praesidio per tot populos dissonos lingua et suetis.

- L’ablatif absolu (texte d’origine)
On appelle ablatif absolu un nom avec un participe, tous deux à l’ablatif. L’ablatif absolu exprime une circonstance de lieu , de temps ou parfois de cause.
« Seruio Tullio regnante » = « Alors que Servius Tullius régnait »
- Le parfait sur le site de Gérard Janneau (texte transformé)

- Géographie et Chronologie

  1. Où se trouvent Métaponte et Héraclée (faire une recherche sur une carte). Est-ce proche de Rome ?
  2. Quel est l’argument principal de Tite-Live pour exprimer sa position. Quel autre argument sous-tend-il ?

Vous pourrez utiliser le programme collatinus ou encore le dictionnaire en ligne de Gérard Jeanneau.

Le point de vue de Maître François

  1. Où se situent respectivement Pythagore et Numa sur l’enluminure ?
  2. Qui lit ? Qui écrit ?
  3. Il y a une forte source de lumière (tout au moins figurée) dans l’image. Où se trouve-t-elle ? Analysez sa position, et par là sa signification.
  4. L’un des deux personnages semble se débarasser de petits diablotins : comment s’y prend-il ?
  5. Quelle est la destination finale des diablotins ?
  6. Quelle semble être la source du savoir dans le tableau, et qu’entraîne comme pouvoir le savoir ?
  7. De quel côté se trouve le diablotin qui semble murmurer à l’oreille d’un des deux hommes présents ?
  8. Faites une recherche sur l’hyrdomancie. Cette recherche vous renseigne-t-elle sur la scène ?

Traduisez le texte suivant

Pythagora Numam non cognoscit. Magister Franciscus simulacrum pinxit ubi Numa Pythagorae doctrinarum libros legit. Non Numa Pythagorae loquetur. Servio Tullio regnante, Pythagora nascitur in Samiorum insula. Pythagora doctrinas Samiis docet.

Vocabulaire

Cognosco, is, ere = connaître - simulacrum = portrait, tableau - pingo, is, ere, pinxi = peindre - ubi = où, là où - liber, libri = livre - loquor, eris, eri : parler - lego, is, ere = lire, élire - doctrina, ae = idée, doctrine, savoir - insula, ae = île - nascor, eris, eri = naître - doceo, es, ere, docui = enseigner, instruire - Samius,a,um = habitant de Samos, Samien -

Les voyages de Pythagore

Il fut d’abord, je le répète, disciple de Phérécyde de Scyros et après la mort de celui-ci il vint à Samos, et fut disciple d’Hermodamas, neveu de Créophyle, qui était déjà vieux. Comme il était jeune et studieux, il quitta sa patrie et fut initié à tous les mystères grecs et barbares. Il gagna donc l’Égypte, quand Polycrate l’eut recommandé par lettre à Amasis, et il apprit la langue du pays (cf. Antiphon, de ceux qui furent très vertueux). Il alla aussi chez les Chaldéens et les mages. Étant en Crète, il descendit avec Épiménide dans l’antre de l’Ida . Tout comme en Égypte il était allé dans les sanctuaires, il y apprit les secrets concernant les dieux . Après quoi il vint à Samos, mais trouvant sa patrie opprimée par la tyrannie de Polycrate , il s’en alla à Crotone en Italie. Là, il donna des lois aux Italiotes, eut des disciples et devint célèbre. Ses élèves, au nombre de trois cents, administrèrent à merveille la cité, en sorte que leur gouvernement parut bien être la véritable aristocratie .

Source : Pythagore, Vie des hommes illustres Diogène Laërce

  • Quel élément dans ce texte, corrobore l’une des remarques de Tite-Live ?
  • Toutefois, a contrario, quels intérêts, dans leur existence, paraissent communs à Numa et Pythagore ? Expliquez comment on pourrait opérer un rapprochement.
  • Tracez une carte muette du bassin méditerranéen et du proche orient.
    Situez les pays et villes dont parle Diogène Laërce dans le texte.

Une rencontre fortuite

Numa (XV, 1-11)

Cependant on cherche un mortel digne du poids de l’Empire, et qui puisse succéder au grand Romulus. Messagère du vrai, la voix publique appelle au trône le pieux Numa. Ce n’était pas assez pour lui d’avoir étudié les mœurs et les usages des Sabins ; son vaste génie embrasse des objets plus élevés, et veut connaître la nature des choses. Entraîné par cette ardeur de savoir, il s’éloigne de Cures, sa patrie, et visite la ville célèbre où Croton reçut le grand Alcide.
[...]

Pythagore (XV, 60-478)

Numa vit, dans cette ville, un homme de l’île de Samos, qui, fuyant sa patrie et ses maîtres, s’était volontairement exilé par haine de la tyrannie. Quelque éloigné qu’il fût des régions célestes, il s’élevait, par la méditation, jusqu’aux astres, et voyait, des yeux de l’esprit, ce que la nature refuse aux regards des humains. Arrivé, par la pensée et par de savantes veilles, à la connaissance de toutes choses, il les faisait connaître aux hommes réunis pour l’entendre ; et, tandis qu’en l’admirant ils écoutaient en silence, le sage expliquait l’origine du Monde et les principes des êtres ; ce qu’était la nature, ce qu’était la divinité ; de quelle manière se formaient et la neige et la foudre ; si c’était Jupiter ou le choc des vents dans la nue qui produisait le tonnerre ; ce qui faisait trembler la terre ; par quelle loi les astres se mouvaient, et tous les mystères cachés aux mortels. Le premier, il défendit de servir sur les tables des animaux égorgés, et il exposa le premier, en ces termes, une doctrine plus admirée que suivie [...]

Source : Métamophoses livre XV, Ovide

  • Dressez un portrait psychologique de Pythagore d’après le texte d’Ovide
  • Comparez ce que disent Tite-Live et Ovide...

Sabins, Lacédémoniens et Pythagore

On a dit que Numa avait été l’ami de Pythagore ; mais, suivant d’autres, il n’aurait eu aucune connaissance des lettres grecques, la nature l’ayant fait apte et porté de lui-même à la vertu, ou bien il fallait attribuer son éducation royale à quelque étranger supérieur à ce philosophe. D’autres prétendent que Pythagore a vécu beaucoup plus tard et qu’il est postérieur de près de cinq générations à l’époque de Numa . D’après eux, Pythagore de Sparte, vainqueur du stade à Olympie, à la seizième olympiade , dont la troisième année est celle de l’élection de Numa , fit un voyage en Italie, lia commerce avec ce prince et l’aida à régler son royaume. De là le mélange des nombreuses institutions lacédémoniennes avec celles de Rome, sous l’influence de Pythagore. Toutefois, Numa était Sabin d’origine, et les Sabins prétendent descendre d’une colonie de Lacédémoniens. D’autre part il est difficile de faire le calcul exact des temps, surtout si l’on veut les mettre en concordance avec les rôles des Olympioniques , dont la rédaction, entreprise, dit-on, assez tard par Hippias d’Élis , ne s’appuie sur aucun document qui mérite confiance.

Source : Vies parallèles Vie de Numa, Plutarque

  • Quel est le parti-pris de Plutarque ? Comparez avec l’attitude de Tite-Live. Puis avec celle d’Ovide.
  • Faites une recherche sur les Olympiades : à quelle date correspond la seizième olympiade ? Comparez avec les dates du règne de Numa Pompilius, puis de Servius Tullius.
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