De l’Arc à la Lyre
mardi 24 janvier 2006.
Apollon : l’arc musical
Apollon, divinité des arts et égérie des Muses tient une lyre ou une cithare dans une main et un arc dans l’autre.
L’arc en plus d’être une arme de chasse a d’autres valeurs plus symboliques , par exemple l’arc-en-ciel qui figure un pont entre la terre et le ciel.
Mais, par dessus tout, l’arc peut aussi être un instrument de musique.
La lyre
Les premiers instruments à corde se sont simultanément développés dans des aires de civilisation très différents, du Nil à la Mésopotamie, mais aussi, vraisemblablement en méso-Amérique, en Chine et en Polynésie.
Curieusement, alors que les mythes associent l’invention de l’instrument à cordes aux hommes, l’archéologie démontre que ce sont des femmes qui les premières ont utilisé ces instruments.
On obtient une lyre en assemblant une carapace de tortue, d’une peau de boeuf tendue (ce qui rappelle le sacrifice) et de deux cornes sur lesquelles les cordes sont accrochées.
Au final la lyre est un autel symbolique qui unifie la terre et le ciel. Ses vibrations indiquent que le monde entre en résonance, symbole du mariage cosmique par lequel la terre est fertilisée par le ciel.
Mercure (Hermès chez les Grecs) est supposé avoir inventé la lyre : tout-petit encore, il l’aurait donné à Apollon pour se faire pardonner de lui avoir subtilisé un troupeau de boeuf.
Mercure
| Ovide V 663-668Fasti (Fastes) | Texte transformé |
| Clare nepos Atlantis, ades, quem montibus olim
edidit Arcadiis Pleias una Iovi : pacis et armorum superi imique deorum 665 arbiter, alato qui pede carpis iter, laete lyrae pulsu, nitida quoque laete palaestra, quo didicit culte lingua docente loqui, | Clare nepos Atlantis, ades ! montibus Arcadiis olim
te edidit Pleiadum una Iovi : pacis et armorum superis imisque deorum arbiter, qui alato pede carpis iter ! laete lyrae pulsu ambulas, quoque laete nitida palaestra ambulas, quo didicunt culta verba facere, |
| clarus, a, um = célèbre nepos, tis = fils adsum, es, esse, adfui = être présent, être là mons, tis f. montagne Arcadius, a, um d’Arcadie edo, is, ere, edidi, editum 1. mettre au monde 2. produire 3. rejeter 4. exposer, faire savoir, exprimer arbiter, tri m. 1. arbitre 2. spectateur 3. témoin Jupiter, Iovis = Jupiter pleiades, um f. les Plédiades unus, a, um = un , un seul pax, pacis f. = la paix arma, armorum n. = les armes superus, a, um = 1 d’en haut 2 supérieur imus, a, um = 1 d’en bas 2 inférieur |
alatus, a, um ailé
pedes, is m. le pied carpo, is, ere, carpsi, carptum = 1. parcourir 2. cueillir iter, itineris n. : le chemin laete : joyeusement pulsus, us m. = 1. la vibration 2. la poussée ambulo, as, are, avi, atum = se promener nitidus, a, um 1. clair 2. propre, net 3. élégant4..lumineux palaestra, ae f. : la palestre (sorte de gymnase) quoque = aussi quo = là où disco, is, ere, didici, didictum + inf = apprendre à cultus, a, um = élégant, beau, raffiné, cultivé verbum, i = mot facio, is, ere, feci, factum = faire |
A écouter
Piste I des Synaulia volume 2 Invocation à Mercure
A voir et écouter : reconstitution d’un barbiton (équivalent grec de la lyre) et morceau de musique sur le site de l’Université de Louvain
A lire : la scansion latine
Lire quantité des syllabes et quantité des voyelles.
Ecouter les Tristes d’Ovide.
les fastes sont scandés en distiques élégiaques
Une histoire de la lyre
Carmen XXXII Liber Primus (Odes d’Horace)
|
Poscimus, si quid vacui sub umbra
5
Liberum et Musas Veneremque et illi
o decus Phoebi et dapibus supremi
|
|
A écouter : piste III des Synaulia volume2
Geste de Mercure
Carmen X Liber Primus (Odes d’Horace)
Mercuri, facunde nepos Atlantis,
qui feros cultus hominum recentum
voce formasti catus et decorae
more palaestrae,
5
te canam, magni Iovis et deorum
nuntium curvaeque lyrae parentem,
callidum quidquid placuit iocoso
condere furto.
te, boves olim nisi reddidisses
10
per dolum amotas, puerum minaci
voce dum terret, viduus pharetra
risit Apollo.
quin et Atridas duce te superbos
Ilio dives Priamus relicto
15
Thessalosque ignis et iniqua Troiae
castra fefellit.
tu pias laetis animas reponis
sedibus virgaque levem coerces
aurea turbam, superis deorum
20
gratus et imis.
Traduisez le texte ci-dessus avec le logiciel collatinus et un dictionnaire de latin en ligne. Quel portrait pouvez-vous dresser de Mercure ?
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- par
Robin Delisle
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