Le portique

Nihil novi sub sole !

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Didon à Enée

mardi 14 février 2006, par Robin Delisle

Deux destins pour une rencontre...

Diaporama

  1. Quelle oeuvre le diaporama illustre-t-il ?
  2. Que porte Enée ? A quoi le reconnaît-on ?
  3. Que peut-on apprendre sur les activités de la ville de Didon ?
  4. Comment peut-on identifier les Troyens ? A quelle période de l’histoire de France vous fait penser leur accoutrement ?
  5. Qui est l’enfant que Didon entoure de ses bras ?
  6. Que porte l’enfant sur la tête ?
  7. Qui devine-t-on dans les hauteurs ?
  8. Quels éléments nous indiquent qu’il y a un orage ?
  9. Comparez les regards d’Enée et de Didon ? Qu’en pensez-vous ?
  10. Quel est l’état émotionnel de Enée ? Qui s’adresse à lui ?
  11. Quel peintre a réalisé le dernier tableau ?

Exploration électronique

Iconographie

http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/LanguesAnciennes/Textes/Virgile/Didon.htm

Examinez les fresques et cultures antiques uniquement
.

  1. Comment l’Afrique est-elle représentée à Pompéï ?
  2. Qui Enée porte-t-il sur son dos sur l’autel en relief trouvé à Carthage ?
  3. Quelle grande famille est ainsi célébrée
  4. Avez-vous compris d’où vient le nom Didon ?
  5. Quelles scènes représente la mosaïque de la villa romaine en Grande-Bretagne ?

Légende

Le grenier de Clio
La mort de Didon

  1. Comment s’appelle le frère de Didon ?
  2. Comment Didon est-elle devenue reine de Carthage ?

Musique

Quel conseil est donné dans l’extrait musical des Troyens ? Par qui à votre avis ? Pourquoi ? Qui répond ? Quel nom porte le territoire de Troie ? Qu’est-ce qu’une Hamadryade (cherchez sur la Toile)
Du point de vue de l’histoire, à quel tableau des Troyens correspondrait Dido and Aeneas ?
En quelle langue est chantée Dido and Aeneas ? Didon ? les Troyens ?
Que vous évoque l’ouverture de Dido and Aeneas ? Comparez avec la Mort de Didon.

La lettre de Didon à Enée

Enéïde : vers 39-44 ; 49-60Texte transformé
Une mer furieuse

aut mare, quale uides agitari nunc quoque uentis :

qua tamen aduersis fluctibus ire paras ?

quo fugis ? obstat hiems. hiemis mihi gratia prosit !

adspice ut euersas concitet Eurus aquas.

quod tibi malueram, sine me debere procellis ;

iustior est animo uentus et unda tuo.

Une mer vengeresse

iam uenti ponent, strataque aequaliter unda

caeruleis Triton per mare curret equis.

tu quoque cum uentis utinam mutabilis esses

et, nisi duritia robora uincis, eris.

quid, si nescires, insana quid aequora possunt,

expertae totiens tam male credis aquae ?

ut, pelago suadente etiam, retinacula soluas,

multa tamen latus tristia pontus habet.

nec uiolasse fidem temptantibus aequora prodest ;

perfidiae poenas exigit ille locus,

praecipue cum laesus amor, quia mater Amorum

nuda Cytheriacis edita fertur aquis.

Une mer furieuse

Venti mare quale vides nunc agitant :

tamen aduersis fluctibus ire paras ?

quo fugis ? obstat hiems. hiemis mihi gratia proderit !

adspice ut concitet Eurus euersas aquas.

malo procellis debere magis quam tibi ;

iusti unda et ventus sunt ; non animus tuus est..

_ Une mer vengeresse

_ iam uenti ponent, strataque aequaliter unda

Triton per mare curret caeruleis equis.

tu quoque muta cum uentis

et, nisi duritia robora uinces, mutabis.

scisne quid insana aequora possunt,

credis expertae totiens tam male aquae ?

Pelagus tibi suadeo, retinacula soluas,

multa tristia tamen latus pontus habet.

aequora non tibi proderit si violaveris fidem ;

perfidiae poenas exigit ille locus,

praecipue cum laesus est amor, quia

mater Amorum venit ex Cyteriacis aquis.


Vocabulaire du texte

qualis, e : tel que
nunc, adv. : maintenant
aduersus, a, um : contraire (prép. + acc. = contre)
eo, is, ire, iui, itum : aller
paro, as, are : préparer, procurer (paratus, a, um : prêt, préparé à, bien préparé, bien fourni)
quo, . Adv. =où ? (avec changement de lieu)
fugio, is, ere, fugi : s’enfuir, fuir
obsto, as, are, stiti, staturus : faire obstacle à, gêner
hiems, hiemis, m. : l’hiver
aspicio, is, ere, spexi, spectum : regarder, examiner, considérer, voir
ut, conj. : + ind. : comment
concito, as, are : pousser vivement, exciter, soulever, enflammer
Eurus, i, m. : l’Eurus (vent du sud-est)
euerto, is, ere, uerti, uersum : 1 - mettre sens dessus dessous, bouleverser, retourner. - 2 - jeter à terre, renverser, abattre, détruire. - 3 - expulser, exproprier, dépouiller, chasser
malo, mauis, malle, malui : préférer
procella, ae, f. : la tempête
debeo, es, ere, ui, itum : devoir, être en dette (envers quelqu’un = +datif)
magis,..quam adv. : plus que
pono, is, ere, posui, situm : 1. poser 2. déposer 3. placer, disposer 4. installer 5. présenter, établir
sterno, is, ere, stravi, stratum : étendre à terre, abattre, renverser,
aequaliter, adv. : également
Triton, onis, m. : Triton (fils de Neptune)
curro, is, ere, cucurri, cursum : courir
caeruleus, a, um : bleu, bleu sombre
muto, as, are : 1. déplacer 2. changer, modifier 3. échanger
cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec 2. conjonction + ind. = quand, lorsque, comme, ainsi que 3. conjonction + subj. : alors que
nisi, conj. : si... ne... pas ; excepté
duritia, ae, f. : la dureté, l’obstruction ; la vie dure, la sévérité
robur, oris, n. : le rouvre, le chêne, la dureté, la solidité
scio, is, ire, sciui, scitum : savoir
quis, quae, quid : qui ? quoi ? après si, nisi, ne, num, quis est l’équivalent de aliquis (quelqu’un, quelque chose).
insanus, a, um : fou, aliéné
aequor, oris, n. : la plaine, la mer
credo, is, ere, didi, ditum : I. 1. confier en prêt 2. tenir pour vrai 3. croire II. avoir confiance, se fier
expertus : expérimenté, essayé
totiens, inv. : tant de fois ; ... quotiens : autant de fois... que
tam, adv. : si, autant
male, adv. : mal, vilainement
pelagus, i, n. : la mer
suadeo, es, ere, suasi, suasum : conseiller, convaincre (+datif)
retinaculum, i, n. : attache, corde, bride, cordage, lien.
soluo, is, ere, ui, utum : détacher, payer, dénouer (- nauem = lever l’ancre)
tristis, e : 1. triste, affligé 2. sombre, sévère, morose
latus, a, um : large
pontus, i, m. : la haute mer, la mer
uiolo, as, are : traiter avec violence, profaner, outrager
fides, ei, f. : 1. la foi, la confiance 2. le crédit 3. la loyauté 4. la promesse, la parole donnée 5. la protection
perfidia, ae, f. : la mauvaise foi, la perfidie
poena, ae, f. : le châtiment (dare poenas : subir un châtiment)
exigo, is, ere, egi, actum : - exiger, réclamer, redemander, faire rentrer (de l’argent), faire payer, lever (un impôt), percevoir (une taxe). - ille, illa, illud : ce, cette, celui-ci, celle-ci, il, elle
ille, illa, illud : adjectif : ce, cette(-là) ; pronom : celui-là, celle-là, cela.
praecipue, adv. : surtout
laedo, is, ere, si, sum : blesser, endommager, nuire à
quia, conj. : parce que
mater, tris, f. : mère
Cyteriacis : de Cythère

Les fluctuations de la passion

Dans la lettre d’Ovide, la mer ne participe plus de l’épopée, comme dans le chant IV de l’Enéïde de Virgile mais se greffe au discours de Didon, dévoilant en transparence la passion de la reine. _ Didon tente ainsi de retenir Enée en lui faisant valoir les rigueurs de la mer : l’agitation des des flots sous l’effet des vents « aut mare, quale uides agitari nunc quoque uentis » , l’adversité de la houle « aduersis fluctibus », les eaux retournées « euersas aquas » , les bourrasques « procellis » , mais ces avertissements renvoient autant aux dangers de la mer en hiver qu’à la propre colère de la reine.

La mer est associée à l’amant dont elle possède la cruauté et les ambiguïtés. Vent et onde sont présentés comme plus justes qu’Enée :« iustior est animo uentus et unda tuo ».

Ainsi, le désir de voir Enée aussi changeant que les vents renvoient également à la hantise du départ : « tu quoque cum uentis utinam mutabilis esses » .

La description de l’océan répercute donc les pensées mouvementées de Didon : la mer se fait allégorie, capable de folie « insana aequora », de persusasion « suadente » ou encore de châtiment puisqu’elle peut venger le parjure d’Enée.

Le naufrage n’apparaît alors plus comme une possible conséquence de la tempête mais comme le châtiment d’une trahison, celle de l’amant devenu parjure.

Ovide élabore donc une mer dominée par Eros, dieu de l’amour, une mer de rhétorique et de sentiments dont l’ambivalence reflète aussi bien les revirements intérieurs de l’héroïne que la duplicité inhérente au genre élégiaque.

Didon, héroïne des temps modernes

Didon n’a pas fini sur le bûcher, elle existe encore et rappelle par saprésence que la Tunisie recèle encore les restes de l’antique Carthage.

Villa Didon
Le Didon d’or

  • Analysez ces deux liens. A quoi renvoie dans les tableaux, l’art de vivre mis en exergue dans le premier : revenez sur l’iconogrpahie : quels tableaux utiliseriez-vous pour illustrer la page ? Citez les oeuvres, les auteurs, et les détails qui vous semblent convenir.
  • Expliquez, à la lecture du second lien ce que représente Didon dans l’imaginaire de la femme d’affaires tunisienne, et pourquoi.


Travail à la maison ou en classe : Didon abandonnée

Didon abandonnée