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[Conférence] Science et philosophie au Siècle des Lumières

samedi 14 mai 2005

La Maison des Enseignants vous invite à une conférence–débat

le mercredi 18 mai à 14 h 30

Lycée Saint Louis

44 bd Saint Michel

Paris 5e

.Table de lecture CNDP/CRDP et éditions Adapt/Vuibert

Comment notre perception de l’univers a évolué
Regards croisés de la science et de la philosophie

Avec :
Arkan Simaan, auteur de « L’image du monde de Newton à Einstein ... comment
notre perception de l’univers a changé », mars 2005

Coéd. Adapt/Vuibert, Préface de Jean-Claude Pecker, membre de l’Institut

Arkan Simaan, professeur de sciences physiques, est auteur de
Image du Monde, des Babyloniens à Newton (avec Joëlle Fontaine, Adapt
Editions, 1999), Cette sentence vous fait plus peur qu’à moi-même : Giordano
Bruno, Cahiers Rationalistes, 2000 , La science au péril de sa vie - Les
aventuriers de la mesure du monde (Vuibert/Adapt, 2001).

Il a coordonné :
Vénus devant le Soleil - Comprendre et observer un évènement astronomique
(Adapt-Vuibert, 2003)

Véronique Le Ru, auteur de « Voltaire newtonien, Le combat d’un philosophe
pour la science », mars 2005

Coédition Adapt-Vuibert,

Véronique Le Ru est maître de conférence à l’université de Reims

Elle a publié notamment :
Jean Le Rond d’Alembert philosophe, Paris, Vrin, 1994.
La crise de la substance et de la causalité - Des petits écarts cartésiens au
grand écart occasionaliste, Paris, CNRS Éditions, 2003.

Maison des Enseignants
http://lamaisondesenseignants.com
S’inscrire à : mde.idf@wanadoo.fr ou au
06 81 63 81 51

Entrée libre et gratuite sur inscription

Le mot « scientifique » pour désigner les personnes qui s’occupent de
déchiffrer les phénomènes naturels est un terme récent.

Dans l’Antiquité, on parle de « philosophe », au Moyen Âge chrétien de « 
théologien » et, à partir de la Renaissance de « philosophe naturel ». À
quelques exceptions près, les savants sont imprégnés de métaphysique.

Lors du procès de Galilée en 1633, rares sont ceux qui s’étonnent de voir le
pouvoir religieux exercer la police de l’intelligence. Pourtant, c’est à ce
moment-là que l’emprise de la théologie sur la science commence à décliner :
beaucoup de philosophes, notamment cartésiens, se posent en adversaires des
antiques interprétations. Ils ne sont pas athées, mais recherchent des
explications naturelles aux phénomènes naturels et prônent une science
débarrassée des notions magiques. Newton, lui aussi profond croyant, fonde à
la fin du XVIIe siècle une mécanique rationnelle nullement gênée par
l’intervention de Dieu dans les affaires planétaires. Vers 1750, la machine
de l’incroyance s’emballe et, à la fin du siècle, Laplace résume l’état
d’esprit qui va dorénavant prospérer, en disant qu’il n’avait pas eu besoin
d’une hypothèse divine pour expliquer le monde. Les insurrections de 1848
font non seulement jaillir les philosophies ouvrières en Europe, mais
renforcent le positivisme : nombre d’érudits chargent désormais la science
de conduire l’humanité vers le bonheur. Lorsque Darwin apparaît en 1859, sa
théorie de l’évolution s’impose d’autant plus facilement que les gens
cultivés amalgament maintenant science et progrès.

Mais il y a loin de la victoire formelle à la complète adhésion des esprits.
La résistance inconsciente à la notion d’évolution reste ancrée y compris
dans la tête d’êtres aussi brillants qu’Einstein. Son refus d’une cosmologie
dynamique relève tout autant de considérations physiques que d’appréciations
subjectives. Faut-il s’en étonner ? Surtout pas. Même les hommes les plus
illustres subissent le poids des préjugés : comme le commun des mortels, ils
ne peuvent s’empêcher de regarder la nature avec leur subjectivité.

Arkan Simaan (extrait de la conclusion de L’image du monde de Newton à
Einstein ... comment notre perception de l’univers a changé)

Lorsque Newton publie à Londres son célèbre ouvrage Philosophiae Naturalis
Principia Mathematica (Principes mathématiques de la philosophie naturelle),
les grandes transformations du système du monde, lancées par Nicolas
Copernic en 1543 dans le De Revolutionibus orbium coelestium (Des
révolutions des orbes célestes) sont accomplies. La cohérence est retrouvée
et les paradoxes surmontés. En effet, si la Terre bouge et tourne,
surgissent de multiples questions comme autant de paradoxes : comment le
double mouvement de rotation de la Terre, sur elle- même et autour du
Soleil, peut-il nous être absolument imperceptible ? Pourquoi ne sommes-nous
pas éjectés de la Terre puisque, dorénavant, elle tourne rapidement sur
elle-même ? Comment comprendre qu’un objet lancé verticalement retombe dans
la main du lanceur alors que ce dernier a tourné avec la Terre ? Comment la
Terre peut-elle être de la même nature que les objets célestes, lumineux,
qui errent suivant de grandes orbes dans les cieux ? etc.

Mais avant Newton, il y a eu Bruno, Kepler, Galilée, Descartes. Descartes,
celui qui a construit le premier système du monde susceptible de donner une
nouvelle cohérence aux multiples observations et de rivaliser avec les
anciennes constructions. Descartes que Newton a tant lu, tant critiqué et
dont l’œuvre, précisément, est impensable sans celle du philosophe.
Descartes et Newton, lequel des deux a raison ? Doit-on choisir ? Voltaire
choisit, ce sera Newton, et Voltaire newtonien rédige, après s’être instruit
auprès de sa compagne la Marquise du Châtelet, ses fameux Éléments de la
philosophie de Newton.

Véronique Le Ru tire les leçons de l’ouvrage en l’insérant dans les débats
philosophiques et théologiques qui animent les années 1730-1750. Il n’est
pas, en effet, sans intérêt, aujourd’hui, de retrouver la pensée des
Lumières, pour renouer avec l’essentiel : apprendre à penser pour penser par
soi-même, pour penser dans la liberté, pour être citoyen. C’est bien cela
que demande Voltaire : faire des efforts pour s’instruire, car son livre
n’est pas aussi facile qu’il y paraît et, s’instruire pour encore
s’instruire ; ne rien accepter sans questionner. Le livre de Voltaire est
une invitation à la pensée et Véronique Le Ru nous invite à penser avec
Voltaire.

Michel Blay, Directeur de recherche au CNRS (préface de Voltaire newtonien)

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