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Héros et anti-héros romains

L’héroïsme

  1. Cette étude a pour objet l’héroïsme dans la civilisation romaine : elle vise à montrer comment l’image d’Epinal se dégrade au point d’aboutir au reflet maléfique du héros, l’empereur fou. Si les programmes des deux premières années de latin mettent l’accent sur les héros mythologiques, en approfondissant, , c’est le héros historique et/ou semi-légendaire et la nature même de son héroïsme qu’il conviendra d’examiner et de mettre en perspective
  2. L’étude peut durer de 6 semaines (au minimum) jusqu’à 10 semaines, en raison des développements possibles et de sa complexité.
  3. Les principales sources de la séquence sont :

Virtus et pietas

Jean-Noël Robert écrit dans Rome : l’ombre des Héros

Une valeur fondamentale, la virtus

« La force morale qui unit les citoyens dans l’accomplissement de leur destin s’appuie sur la virtus. Cette notion n’a rien d’abstrait pour un Romain. La virtus est la qualité du vir, celle de l’homme, dans ce qu’il a de viril ; celui à qui incombent deux devoirs fondamentaux : défendre sa patrie et lui donner des fils qui la protégeront à leur tour. Dans l’action politique et militaire, elle définit le courage, la capacité à affronter les difficultés avec énergie. Telle est la vraie noblesse du citoyen, et ce mérite est reconnu puisque, par sa virtus, un homme de la plèbe peut, tout autant qu’un noble, parvenir jusqu’aux plus hautes fonctions de l’État. À Rome, il n’y a pas de place pour l’individu. Chacun n’existe et n’est reconnu que parce qu’il appartient à un groupe, par exemple à une tribu et à une centurie, pour exercer son droit de vote, sous la République. Les liens entre les membres de la communauté sont très forts. »

... et ses corollaires, pietas et fides

« Cette solidarité s’exprime par un essentiel sentiment de respect, une conscience aiguë de ses devoirs envers sa famille et envers ses dieux : c’est la pietas, à laquelle correspond, sur le plan juridique, la fides qui caractérise le lien d’autorité, de dépendance qui relie les citoyens entre eux. Cette notion est essentielle dans une société où le clientélisme est omniprésent : loyauté et confiance forment la trame du tissu social. Voilà pourquoi la loi occupe à Rome une place si importante. Le droit est la science des rapports sociaux dans la cité où l’intérêt collectif prime les intérêts individuels, et où l’obéissance à la loi constitue la première vertu civique. »

Anti-héros ou nouveau héros ?

Une telle définition heurte pourtant de front la représentation traditionnelle que l’on peut se faire des conquérants : en effet, il faut faire preuve d’un égoïsme particulièrement forcené pour pouvoir plier la réalité à la mesure de sa soif de puissance et de gloire. Au crépuscule de la République, le héros change sans doute de nature, et certainement d’acception : la vieille école, celle du « mos majorum » cède sous les coups de boutoir répétés des jeunes loups, tels Catilina et Julius César. La soif effrénée de gloire et de puissance, la primauté de la réussite sur les valeurs morales et l’abnégation ouvriront alors la porte à un nouvel héroïsme, antagoniste de la culture de l’immédiateté : celui du héros stoïcien...

Les Empereurs fous

L’ultime avatar de cette dégénérescence , c’est l’empereur romain rongé par le vice et les orgies, et se complaisant dans les cruautés les plus extravagantes. Des individus tels que Caligula, Néron, ou encore Commode et Héliogabale illustrent cette plongée vers le vice à l’état brut. Bien sûr, les études d’historiens critiques permettent de dégager un portrait d’homme d’état souvent différent de celui de l’homme privé. Il n’en reste pas moins, que l’image, elle, au même titre que celle du héros, façonne l’imaginaire du Romain aux temps de l’Empire.

HoraceHannibal
Jules CésarLes empereurs fous